ESÏHER, MARDOCHÉE, ÉLISE, LE CHŒUR
Quel profane en ce lieu s'ose avancer vers noUs? i55
Que vois-je? Mardochée ? O mon Père, est-ce vous?
Un ange du Seigneur sous sou aile sacrée
A donc conduit vos pas, et caché votre entrée?
Mais d'où vient cet air sombre, et ce cilice affreux,
Et cette cendre enfin qui couvre vos cheveux ? 160
Que nous annoncez-vous ?
MARDOCHEE.
O reine infortunée !
O d'un peuple innocent barbare destinée !
i55. Profane. Esther croit voir entrer i5ç). Cilice. Le cilice est un tissu de
un «le ces « profanes témoins » qu'elle crins (l'ait a l'origine en poils de chèvre
a voulu écarter (voir l'oà). Cf. Athalie, de Cilieie) que l'on porte sur la peau
S.">i : par esprit de mortification. Le mot
c'est des ministres sainLs la demeure sacrée; exact qui désignerait le vêtement dont
Les luis à t..ut pioiane on défendent l'entrée. Mardochée est couvert serait sac. Le sac,
— S'ose avancer. Sur la place du pro- que l'on portait en signe de deuil, était
nom, voir 38. une sorte de hlouse d'étoffe grossière,
i.')-. Un ange du Seigneur. L'arrivée de percée de deux trous aux épaules.
Mardochée auprès d'Esther est, en effet, 16p. Cette cendre. On se couvrait de
invraisemblable. La Bible dit même cendre, en signe de deuil, la tête et les
qu'il était interdit à toute personne vêtements. « FUia populi mei, accingere
revêtue d'un sac (voir i5g) de franchir la cilicio, et conspergere cinere. Fille de
porte du palais. Esther ne commun!- mon peuple, revêtez-vous de cilice.
quait avec Mardochée que par l'in- couchez-vous sur la cendre. » (Jérémie.
termédiaire de serviteurs attachés à sa VI. 26.)
personne ; voir i)5-ç)6. 162. Barbare: par la cruauté barbare