BIOGRAPHIE. XIII
X. Racine historiographe. — Racine était entré en i6-3 à l'Académie française. 11 était déjà conseiller du Roi et « trésorier de France en la généralité de Moulins1 », quand, en 16", Louis XIV le nomma, avec Boileau, aux fonctions d'historiographe. Les deux amis prirent leur tâche au sérieux et suivirent le Roi dans ses campagnes, s'évertuant à monter à cheval, non sans égayer parfois les gens du métier. Mais leur œuvre historique a été perdue, détruite par un incendie.
XL . Esther » et Athalie • . — On voit que la conversion deRacine ne l'enfonça pas dans la retraite ; ses fonctions l'amenèrent au contraire à vivre à la Cour. Il y sut plaire à Mme de Montespan, la toute-puissante favorite ; il y sut plaire ensuite à Mme de Maintenon. Quand celle-ci voulut faire jouer par les « Demoiselles » de la maison de Saint-Cyr, une pièce qui fût écrite à leur intention, elle s'adressa à Racine. Ainsi fut composée Esther, tragédie tirée de l'Ecriture Sainte, que les élèves de Saint-Cyr jouèrent en 1689, devant le Roi et la Cour. Ce fut un triomphe pour elles, pour Racine, et pour le compositeur de la musique des chœurs, J.-B. Moreau.
En 1691, Saint-Cyr jouait la seconde tragédie bihlique deRacine son plus parfait chef-d'œuvre, Athalie, mais sans décors ni costumes, sans rien, à part la musique, qui pût rappeler cette pompe des représentations à'Esther, reconnue dangereuse pour des petites tilles de couvent.
En 1690, au moment où il achevait Athalie, Racine, déjà anobli par ses fonctions de trésorier de France, fut nommé gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi. Il était alors à l'apogée de sa fortune.
XII. Dernières années et mort du poète. — On a souvent parlé d'une disgrâce qui aurait attristé les dernières années de Racine, et même aurait hâté sa fin. C'est une légende : mais il semble bien
poèmes de La Grâce el de La Religion, firent religieuses; une seule se maria.
qui a laissé des Mémoires sur la vie 1. Les généralités étaient les circon-
de son père, et d'intéressantes remar- scriptions financières de l'ancienne
ques sur son théâtre. Deux des tilles se France.