ACTE II. SCENE VII
Seigneur, si j'ai trouvé grâce «levant vos yeux,
Si jamais à mes vœux vous fûtes favorable,
Permettez avant tout qu'Esther puisse à sa table
Recevoir aujourd'hui son souverain Seigneur. 695
Et qu'Aman soit admis à cet excès d'honneur.
J'oserai devant lui rompre ce grand silence,
Et j'ai, pour m'expliquer, besoin de sa présence.
ASSUÉRUS
Dans quelle inquiétude, Esther, vous me jetez !
Toutefois qu'il soit l'ait comme vous souhaitez. joo
A ceux de sa suite.
Vous, que l'on cherche Aman, et qu'on lui tasse entendre Qu'invité chez la Reine il ait soin «le s'y rendre.
HYDASPE
Les savants Ghaldéens, par votre ordre appelés, Dans cet appartement, Seigneur, sont assemblés.
<H|2. Devant vos yeux. Moïse dit au v. 6a5), Assuérus a employé la a" per-
Seigneur : Si j'ai donc trouvé grâce sonne : Sortez tous », parce qu'il
devant vous, faites-moi voir votre vi- s'adressait en même temps a Aman. Cf.
sage, alin que je vous connaisse et que Britannicus, i-i :
je trouve grâce devant vos veux. •>
,- , vvïin ov i 1 " ■ j fous, Narcisse, approchez; et \ous, quon se
(Exode, XXXIII, ii.) Anne, la mère de [retire. Samuel, dit au grand prêtre Iléli :
Plût a Dieu que votre servante trouvât 7<i3. Hydaspb. Dans certaines éditions
grâce devant vos yeux, i il Rois, 1. 18.) modernes, la scène A'III commence ici,
6g6. Excès d'honneur: honneur extraor- et notre scène Mil devient la scène IX.
dinaire. Les savants Chaldeens : voir 4"''- C'est
««i;. Rompre ee grand silence. L'adjec- le second adjectif qui est employé
tif grand s'explique parle v. 6gi. substantivement.
701. Que Von cherche. Sur l'emploi de Z"\- Appartement: partie du palais;
la i personne, voir 247 Plus haut voir p. 21. note ".
74 KSTIIKIJ.
ASSUÉRUS
Princesse, un songe étrange occupe ma pensée. ^o5
Vous-même en leur réponse êtes intéressée.
Venez, derrière un voile écoutant leurs discours,
Do vos propres clartés me prêter le secours.
Je crains pour vous, pour moi, quelque ennemi perfide.
EST1IKIÎ.
Suis-moi, Thamar. Et vous, troupe jeune et timide, 710 Sans craindre ici les yeux d'une profane cour, A l'abri de ce trône attendez mon retour.