ACTE II, SCENE VIII
Vous avez vu quelle ardente colère Allumait <le ce roi le visage sévère.
UNE DES ISRAÉLITES
Des éclairs de ses yeux l'œil était ébloui.
UNE AUTRE
Et sa voix m'a paru comme un tonnerre horrible.
ÉLISE
Gomment ce courroux si terrible En un moment s'est-il évanoui ?
UNE DES ISRAÉLITES chante.
Un moment a changé ce courage inflexible. Le lion rugissant est un agneau paisible. Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur.
le chœur chante.
Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur.
ji6. Eclater. Voir ai. eut fremitus Iconis. ita et régis ira. La
-i$. Allumait, pour enflammait, qui se colère du roi est comme le rugisse-
dit plus fréquemment avec un senti- ment du lion. » [Proverbes, XIX, 12.)
ment tel que celui-ci, car le visage ne 725. Averse dans son cœur. Cf. Athalie,
peut pas. comme parexemple la colère. 292 :
être comparé à un feu qu'on allume.
jig. Des éclairs. Cf. 65a. Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elle
ja3. Courage, autrefois : cœur, en gé- Répandre cet esprit d'imprudence et d'erreur...
néral. avant de signifier force de cœur.
Cf. Alexandre, 222 : Ces deux verbes au figuré sont à dis
La honte suit de près les courages timides. tinguer. Cest l'esprit dedouceur.|m esl
compare a un liquide <|u on verse dans
724. Le lion rug-issant. Voir 288. — « Si- un vase avec précaution.
LA MÊME ISRAÉLITE chailte.
Tel qu'un ruisseau docile Obéit à La main qui détourne son cours, Et, laissant de ses eaux partager le secours,
Va rendre tout un champ fertile; Dieu, de nos volontés arbitre souverain ! Le cœur des rois est ainsi dans ta main.
ÉLISE
Ah ! que je crains, mes sœurs, les lunestes nuages
Qui de ce prince obscurcissent les yeux ! Comme il est aveuglé du culte de ses Dieux !
UNE DES ISRAÉLITES
Il n'atteste jamais que leurs noms odieux.
UNE AUTRE
Aux feux inanimés dont se parent les cieux Il rend de profanes boni mages.
UNE AUTRE
Tout son palais est plein de leurs images.
le chœur chante.
Malheureux ! vous quittez le Maître des humains, Pour adorer l'ouvrage de vos mains.