‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 18 sur 93 · I>EOX AUTRES DES 1»LUS JEUNES · texte numérisé non relu

I>EOX AUTRES DES 1»LUS JEUNES

Dieu , qui veux bien que de simples enfans Avec eux chantent tes louanges 1 ToutleChœur.

Tu vois nos pressans dangers !

Donne à ton nom la victoire.

Ne souffre point que ta gloire Passe à des Dieux étrangers!

UneÎsraélite.

Arme-toi; viens nous défendre.

I^scends , tel qu’autrefois la mer te vit descendre.

Que les méchans apprennent aujourd’hui A craindre ta colore ;

Qu’ils soient comme la poudre et la paille légère.

Que le vent chasse devant lui J Tout le Chœur.

Tu vois nos pressans dangers!

Donne à ton nom la victoire.

Ne soufFre point que ta gloire Fasse à des Dieux étrangers !

"Fin du premier Acte,

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Tendattt que tout gardoit un silence paisible ,

Sa voix s’eït fait entendre , avec un cri terrible.

3'ai couru. Le désordre droit dans ses discours.

II s’est plaint d’un péril qui mcnaçoit ses jours, li parloic d’ennemi , de ravisseur farouche ,

Al6me le nom d^Esiher est sorti de sa bouche.

Il a dans ces horreurs passé toute la nuit.

Enfin , las d’appeler un sommeil qui le fuit ,

Four écarter de lui ces images funèbres ,

Il s’est fait apporter ces annales célébrés Où les faits de son regne , avec soin ramassés .

Far de fidelles mains chaque jour sont tracés.

On y conserve écrits le service et l’offense . Monumens éternels d’amour et de vengeance.

Le Eoi , que ;’ai laissé plus calme dans son lit- , D’une oreille attentive écoute ce récit.

Aman.

De quel tems de sa vie a-t-il choisi l’histoire ?

11 revoit tous CCS tems , si remplis de sa gloire * Depuis le fameux jour qu’au trône de Cyrus Le choix du sort plaça l’heureux Assuérus.

Aman.

Ce songe » Hydaspe , est donc sorti de son idée ?

Entre tous les Devins fameux dans la Chaldéc ,

11 a fait assembler ceux qui savent le mieux Lire. en un songe obscur les volontés des Cieux.... Mais quel trouble , vous -meme, aujourd’hui vous

lî E s T H E R ,

Votre atne , en m’écoutant , paroît toute interdite* L’heureux Aman a-t-il Quelques secrets ennuis ?

Aman.

Peux-tu le demander dans la place où je suis ?

Haï , craint, envié , souvent plus misérable Que tous les malheureux que mon potvoir Accable !

Eh ! qui jamais du Ciel eut des regards plus doux ? Vous voyez l’univers prosterné devant vous.

• L’univers?.... Tous les jours unhomiçc.... un vil esclave

D’un front audacieux me dédaigne et me brave!

Quel est cet ennemi de l’État et du Roi ?

Aman.

Le nom de Mardochée cst-il connu de toi ?

Qui, ce chef d’une race abominable , impie?

Aman»

Oui , lui-m8me.

Eh ! Seigneur , d’une si belle vie Un si foiblc ennemi peut-il troubler la paix ?

Aman.

L’insolent devant moi ne se courba jamais î En vain de la faveur du plus grand des Monarques Tout révéré à genoux les glorieuses marques.

Lorsque d’un saint respect tous les Persans touchés K’oscm lever leurs fronts à la terre attaches ,

Lui, fidremcnt assis et la tête immobile.

Traite tous ccs honneurs d’impidtd scn’üe,

Présente i mes regards un front séditieux Et ne daigneroit pas , au moins , baisser les yeux.

Du Palais, cependant, H assiège la porte.

A quelque heure que j’entre, Hydaspe, ou que je sorte, Son visage odieux m’afflige et me poursriit ,

Et mon esprit troublé le voit encor la nuit.

Ce matin l’ai voulu devancer la lumière.

Je r ai trouve couvert d’une affreuse poussière.

Revêtu de lambeaux , tout pâle ; mais son œil Conservoit sous la cendre encor le meme orgueil. D’où lui vient , cher ami , cette impudente audace ? Toi, qui dans ce Palais vois tout ce qui se passe. Crois-tu que quelque voix ose parler pour lui ?

Sur quel roseau fragile a-t-il mis son appui i Hydaspe.

Seigneur, vous le savez, son avis salutaire Découvrit de Tares le complot sanguinaire.

Le Koi promit alors de le récompenser ;

Le Boi , depuis ce tems , paroît n’y plus penser.

Non , il faut à tes yeux dépouiller l’artifice.

J’ai su de mon destin corriger l’injustice.

Dans les mains des Persans jeune enfant apporté ,

Je gouverne l’Empire où je fus acheté.

Mes richesses des Rois égalent l’opulence.

Environné d’enfans , soutiens de ma puissance,

II ne manque à mon ftont que le bandeau royal. Cependant ( des mortels aveuglement fatal 1 )

C ij

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De cct amas d’honneurs la douceur passagerer Fait sur mon cœur à peine une atteinte légère f Mais Mardochée , assis aux portes du Palais ,

Dans ce cœur malheureux enfonce mille traits Et toute ma grandeur me devient insipide.

Tandis que le Soleil éclaire ce perfide I

Vous serez de sa vue affranchi dans dix jours»

La nation entière est promise aux vautours.

Aman. .

Ah I que ce tems est long à mon impatience !

C’est lui , je te veux bien confier ma vengeance ,

C’est lui qui , devant moi refusant de ployer ,

Les a livrés au bras qui les va foudroyer.

C’étoit trop peu pour moi d’une telle victime»

La vengeance trop foible attire un second crime. Un homme tel qu’Aman, lorsqu’on l’ose irriter. Dans sa juste fureur ne peut trop éclater.

11 faut des châtimens dont l’univers frémisse; Qu’on tremble en comparant l’offense et le supplice » Que les peuples entiers dans le sang soient noyés» le veux qu’on dise un jour aux siècles effrayés.:

Il fut des Juifs. Il fut une insolente race.

») Répandus sur la terre ils en couvroienc la face.

»7 Un seul osa d’Aman attirer le courroux;

» Aussi-tôt de la terre ils disparurent tous ! »

Ce n’est donc pas, Seigneur, le sang Amalécite Dont la voix à les perdre , en secret , vous excite 2

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Aman.

7c s;iis que, descendu de ce sang malheureux»

Une éternelle haine a dû m'armer contr’eux »

Qu’ils firent d’Amalcc un indigne carnage ,

Que, jusqu’aux vils troupeaux, tout c'prouva leur rage. Qu’un déplorable reste à peine fut sauvé ;

Mais , crois-moi , dans le rang où je suis élevé ,

Mon amc, à ma grandeur toute entière attachée. Des intérêts du sang est foiblement touchée.

Mardochée est coupable, et que faut- il de plus?

Je prévins donc contr’eux l’esprit d’Assuérus > J’inventai des couleurs, j’armai la calomnio. J’intéressai sa gloire : il trembla pour sa vie.

Je les peignis puissans , riches , séditieux ;

Leur Dieu même ennemi de tous les autres Dieux.

Jusqu’à quand souffre -t-on que ce peuple respire,

« Et d’un culte profane infecte votre Empire?

» Étrangers dans la Perse , à nos loix opposés ,

» Du reste des humains ils semblent divisés ,

« N’aspirent qu’à troubler le repos où nous sommes , » Et , détestés par-tout , détestent tous les hommes.

» Prévenez , punissez leurs insolens efforts.

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