‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 43 sur 93 · SUR ATHALIE · texte numérisé non relu

SUR ATHALIE

hti caractères mêmes d' yi thalie et de Afatharty tout impies qu'ils sont , ne peuvent inspirer que de l'kor^ reur pour l'impiété. Enfin a' est un ouvrage parfait , qui mérite d'être à la tête de tous les Poèmes Dra-’ matiques. L’Abbé Conti , qui l’a traduite en Italien , en a fait voir l’excellence dans la Préface qu’il a mise au-devant de sa Traduction j et l’illustre Alarquis Maffei l’appeloit Bellissima Tra~ gedia.... Après avoir rapporté ces jugemens sut cette Tragédie, je crois qu’il m’est permis d’en parler toujours comme d’une Tragédie parfaite. j>

<e L’Académie Françoise eue dessein autrefois de faire un examen suivi de cette Tragédie j ce qui apparemment a empêché l’Abbé d'Olivct dé faire sur cette Picce le même travail qu’il a fait sur les autres de cet Auteur. Un examen fait par lui , ou par l’Académie , sur un Ouvrage qui peut passer , en tout, comme modelé , scroit cependant très-utile. »

cc J’en trouve le style aussi parfait que la conduite. Nulle expression que l’on puisse accuser de négligence , ou de trop de hardiesse. Le style , qui n’est point oriental , comme le prétend l’Abbé du Bos , dans ses Réfiexions sur la Poésie

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tt sur la Peinture , est toujours noble et élevé , sans être aussi poétique que celui à'Esther.... Le langage du Grand-Prêtre , excepté dans sa prophétie , est toujours simple et noble.,.. )>

cc L’action de cette Piece , n’étant point une action privée , se passe , comme les actions des Tragédies anciennes , dans un lieu qu’on peut regarder comme un endroit public. Il est aisé de se le figurer. Le Temple étoit environné de grands édifices , destinés à différens usages , pour le ministère defs choses saintes. Il y avoit des chambres pour les Prêtres et les Lévites qui étoient de service. Le Grand-Prêtre y avoit son logement perpétuel , avec toute sa famille. Les appartemens des femmes étant secrets, et éloignés de la vue des hommes , Joas avoit été élevé secrètement dans la chambre de Josabet. On entroit dans l’appartement du Grand-Prêtre par un vestibule. C’est ce vestibule qui est le lieu de la scene. Il est peu éloigné de la porte du Temple. Au cinquième acte ceux qui sont sur la scène voient qu’on ouvre la porte du Temple pour laisser entrer Abner. Athalie , repoussée de l’endroit oîi elle avoit voulu pénétrer, s’arrête danj

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cc vestibule , avant que de sortir , et y fait venir Joas. Ce vestibule est le rendez-vous des Prêtres, , des Lévites , de leurs enfans , des Musiciens et Musiciennes , qui formoient, comme on le sait , plusieurs bandes , et qui pouvoient venir en cet endroit répéter leurs Cantiques. Ainsi le Choeur dans cette Piece est plus vraisemblable que dans plusieurs Pièces des Anciens. « cc Ce Choeur ne reste pas toujours sur la scene comme celui des Anciensi mais il n’en sort que trois fois, parce c]ue le Poète, à l’exemple de Sophocle, dans A)ax ^ sait le faire sortir quand on va dire des choses qu’il ne doit pas entendre. Josabet , au commencement du second acte , vient l'avertir qu’il est tems de s’aller joindre aux prières publiques. Elle se retire avec lui quand Athalie arrive j et cette première absence du Choeur laisse à Athalie la liberté de s’entretenir avec Mathan. Le Choeur qui accompagne Joas quand il est présenté à Athalie , s’enfuit au commencement du troisième acte. Quand il voit Mathan tout se disperse j et cette seconde absence du Chœur laisse à Mathan la liberté de s’entretenir avec son confident. Lorsque la nouvelle s’est ré-

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pandue que Mathan est venu pour demander Joas, de la part d’ Athalie, le Chœur revient pour offrir son secours au Grand-Prêtre.... 11 est témoin des préparatifs du couronnement de Joas , sans savoir de quoi il s’agit. Josabet le fait sortir, pour laisser le Grand-Prêtre seul avec Joas j et quand Joas a été reconnu par les Prêtres , elle revient avec le Chœur , qui ne sort plus du lieu de la scène. Lorsque Joas mis sur un trône est couvert d’un rideau , le Chœur environne son trône. »

«c Le Chœur rend donc , comme chez les Anciens , l’action continue j et, sans lui , elle paroîtroit arrêtée à la fin du second acte : ce qui seroit lin grand défaut. Athalie n’est venue au lieu de la scene que par hasard. Elle a dit , en sortant ,

( scene septième de ce second acte ) nous nous reverrons y sans dire en quel tems. Le Grand- Prêtre a dit , ensuite , à Abner ( scene neuvième du même acte ) :

Souvenex-vous de l’heure où Joad vous attend...* &c.

( L’heure de la priere. ) Cette heure étant encore éloignée , le Spectateur ignore ce qui se fera jusqu’à cette heure j et comme il n’y a rien ù

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faire , l’action scroit arretée sans le Chœur qui occupe la scene. Il est interrompu dans scs chants par le retour de Mathan , qu’on n’attendoit point. A ce retour l’action continue.

« Cette remarque m’engage à faire quelques observations sut nos entr’actes. L’action dramatique , du moment qu’elle est commencée , devroit toujours continuer , et , par conséquent , la scene ne devroit jamais rester vuide. Cependant , parmi nous, elle reste toujours quatre fois vuide. iN’est-ce pas un défaut ? n

« Si l’action paroissoit arrêtée une seule fois , ce seroit un grand défaut. On pourroit demander pendant un cntr’acte au Spectateur ce qu’il attend , et pourquoi il s’imagine que les Acteurs vont revenir. S’il n’en pouvoit donner d’autres raisons si ce n’est que toute Piece doit être en cinq actes , et que l’action va recommencer , puisqu’on ne baisse pas la toile , et qu’au contraire on

mouche les. chandelles. Ces raisons feroient bien »

peu d’honneur au Poète. L’action ne doit donc jamais paroître arrêtée j mais elle peut être suspendue pour quelques momens : ce qui est cause que quelques-uns de nos entr’actes sont néces-

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