‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 54 sur 93 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

JOSABET, SAIOMITH, LE CHtEUR.

JoSABET, au Chœur,

O FILLES de Lévi ! troupe jeune et fidcllc ,

Que ddja le Seigneur embrase de son zele ,

Qui venez si souvent partager mes soupirs ,

Enfans , ma seule joie en mes longs déplaisirs !

Ces festons dans vos mains et ces fleuts sur vos tête* Autrefois convenoient à nos pompeuses fêtes;

Mais , hélas! en ce tems d’opprobre et de douleurs Quelle offrande sied mieux que celle de nos pleurs 1 \

J’entends déjà , j’entends la trompette sacrée ,

Et du Temple bientôt on permettra l’entrée.

Tandis que je me vais préparer à marcher.

Chantez , louez le Dieu que vous venez chercher.

(£l/e sort, avec Salomith, )

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lé

Tout le Chœur, chantaat,-

T* O UT l’univers est plein de sa magnificence ; Qu’on l’adore, ce Dieu , qu’on l’invoque à jamais I Son Empire a des rems prdc<idé la naissance.

Chantons , publions ses bienfaits \

Une voix.

En vain l’injuste violence Au peuple qui le loue imposeroit silence :

Son nom ne périra jamais.

Le jour annonce au jour sa gloire et sa puissance ! Tout l’univers est plein de sa magnificence:

Chantons , publions ses bienfaits i Tout le Chœur.

Tout Tunivers est plein de sa magnificence ; Chantons, publions ses bienfaits!

Une voix.

Il donne aux fleurs leur aimable peinture \

Il fait naître et mûrir les fruits :

Il leur dispense , avec mesure ,

Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits» Le champ qui les reçut les rend avec usure.

Une autre.

II commande au soleil d’animer la nature ,

Et la lumière est un don de ses mains s

Mais sa loi sainte , sa loi pure tst le plus riche don qu’il ait fait aux humains!

Une autre.

O mont de Sinaï ! conserve la mémoire De ce jour à jamais auguste et renommé.

Quand sur ton sommet enflammé ,

Dans un nuage épais le Seigneur enfermé Pit luire aux yeux mortels un rayon de sa gloire !

Dis-nous pourquoi ces feux et ces éclairs' ,

Ces torrens de fumée et ce bruit dans les airs ,

Ges trompettes et ce tonnerre ?

Venoit-il renverser l’ordre des éiémens?

' Sur ses antiques fondemens Vcnoit-il ébranler la terre ?

Une autre.

II venoît révéler aux enfans des Hébreux De ses préceptes saints la lumière immortelle»

II venoit à ce peuple heureux . ,

Ordonner de l’aimer d’une amqur éternelle.

Tout le Chœur,

O divine, ô charmante loil O justice 1 ô bonté suprême !

Que de raisons , quelle douceur extrême D’engager à ce Dieu son amour et sa foi ! T

D’un joug cruel il sauva nos ayeux ,

Les nourrit au désert d’un pain délicieux.

11 nous donne ses loix , il se donne lui-même.

Pour tant de biens il commande qu’on l’airt\e;

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O justice ! ô bonté suprême !

La même voix.

Des mers pour eux il entr’ourrit les eaux ;

D’un avide rocher fit sortir des ruisseaux.

Il nous donne scs loix , il se donne lui-même.

Pour tant de biens il commande qu’on l’aime» - L E C H <E U R.

O divine , ô charmante loi !

Que de raisons , quelle douceur extrême .

D’engager à ce Dieu son amour et sa foi 1 Une AUTRE VOIX.

Vous qui ne connoisset qu’une crainte servile* Ingrats ! un Dieu ?i bon ne peut-il vous charmer î £st-il donc à vos coeurs , est-il si difficile Et si pénible de Paîmer ? •

L’esclave craint le tyran qui l’outrage ;

Mais des enfans l’amour est le partage. -

Vous voulez que ce Dieu vous comble de bienfaits» Et ne l’àimer jamais.

Tout l e G h <e u r.

O divine , ô charmante loi !

O justice t ô bonté suprême !

Que de raisons , quelle douceur extrêmo D’engager à ce Dieu son amour et sa foi 1

. Fin du premier Acte,

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