‹ Esthetique comme science de l'expression et linguistique générale. Traduit sur la deuxième édition italienneChapitre 11 sur 18 · II · texte numérisé non relu

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I reDaiftsan-

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par parler de son contraire ! * La renaissance s'empara du texte d*Aristote, et poussée par son intellectualisme et son rationalisme, moitié commentant et délayant, moitié imaginant sur de nouveaux frais, finit par établir une longue série <le genres et de sous-genres poétiques, rigoureusement définis, avec des lois fixes. Alors s'élevèrent les discussions sur le caractère d'unité, que doit avoir le poème épique ou dramatique ; sur la qualité morale, et le degré social des personnages qui peuvent entrer dans l'un ou dans l'autre genre ; sur ce qu*on doit entendre par action, et s'il faut y comprendre les passions et les pensées, ou si les poésies lyriques doivent être exclues du nombre des poésies vraies ; si la tragédie doit avoir une matière historique ; si la comédie peut être écrite en prose ; si la tragédie peut avoir une fin heureuse ; si le personnage tragique peut être un parfait galant homme ; combien d'épisodes peuvent être admis dans le poème et lesquels, et comment ils se lient à l'action principale. On se tourmentait fort à propos de cette mystérieuse règle de la catharsis d'Aristote ; et. Segni Ingénuemenl souhaitait qu'on vit renaître le poème tragique "dans l'entière perfection du spectacle, pour voir les effets de cette purgation dont parle Aristote, d'où < naît dans les âmes tranquillité et pureté de toute perturbation » ! ^.

La mieux connue des nombreuses entreprises des théoriciens La doctrin* du XVI* siècle consiste dans l'établissement des trois utiités, sans ^roisuni qu'on sache d'ailleurs pourquoi elles se nomment ainsi, et ce que vient faire ici Vanité: tout au plus devrait-on dire la brièveté du temps, et Yétroitesse du lieu, et l'arbitraire limitation des actions à une certaine classe d'actions. On sait qu'Aristote ne parle que de l'unité de temps, et mentionne, comme un usage, la limitation du temps à une révolution du soleil. £t les critiques du xvi<^ siècle accordèrent, selon leurs humeurs, six, huit, douze heures : quelques-uns, comme Segni, ^ingt-quatre, en y comprenant les heures de nuit, qui sont plus

1 Cf. Mekeudez t Pelato, op. cit ,1. i, 126*1 54 (a* édit.). ^ Trad. de la Poétique^ introd.

propices aux assassinats et aux cruautés des tragédies : d autres arrivèrent jusqu'à trente-six et quarante. La dernière et la plus bizarre. Vunilé de lieu, fut lentement préparée par Castelvelro. par Ricooboni, par Scaliger, jusqu'à ce qu'en ir»72 le français Jean de la Taille la mit avec les autres comme troisième unité : en 1598 elle fut formulée plus explicitement par Angelo Ingegneri.

«tique d«s Les théoriciens italiens répandirent leur influence dans toute K Sc«ii- l'Europe, et suscitèrent les premières tentatives de ])oélique cultivée en France, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne. On peut ounsidérer comme le représentant de tous, et de leur grande influence. J. C. Scaliger, qui a passé, non sans quelque exagération, pour le propre fondateur du classicisme à la • moderne, du classicisme esthétique à la française, celui qui « posa la première pierre de la Hastille classique ». Certes, s'il ne fut ni le premier ni le seul, il contribua puissamment à rédiger en un corps de doctrines les conséquences principales du règne de la raison dans les leuvres littéraires, avec ses menues distinctions et classifications des genres^ avec les barrières insurmontables interposées entre eux, avec la défiance envers la libre inspiration et la fantaisie *. De Scaliger descendent, outre Daniel Heinz, d'Aubignac, Rapin, Dacier, et les autres tyrans de la littérature et en particulier de la scène française : Boileau mit en vers élégants ces exigences. Sur le même ter- L*ssing. rain — on Ta justement observé — se trouvait aussi Lessing, dont l'opposition aux régies des français a un caractère très relatif. C'était l'opposition dérègles à règles, et en cela il avait été précédé par les écrivains italiens, comme Calepio (1732). Lessing pensait que Corneille et autres auteurs avaient interprété à faux Aristote, dans les lois duquel pouvait rentrer jusqu'au drame de Shakespeare *. Mais il s'oppose d'autre part, nettement, à ceux qui criaient génie, génie, et plaçaient le géni» au-dessus de toutes les règles, en disant que ce que faitlegénie-

* LiNTiLHAc, Un coup d'Etat f etc., p. 543.

* Hamburg, Dramat, nn. 8l, ioi-io4.

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est une règle. Justement parce que le génie est une règle, les règles ont une valeur et on peut les fixer. Les nier reviendrait à limiter le génie à ses premières tentatives, comme si exemple et exercice ne servaient à rien *. Par là Lessing, à dire le vrai, déplaçait la question ; mais, quoi qu*il en soit, on aperçoit clairement dans ses paroles qu'il ne repousse pas le concept des lois intellectuelles de la poésie.

Les théories des genres et de leurs limites ne purent se sou- Transactk

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