Iliade, VI
sont-ils plus guère possibles, ou du moins n'y sont-ils plus possibles qu'à la condition de traverser leur siècle comme des effarouchés, encourant, et d'être préservés par une heureuse étoile de l'influence de leur âge, qui mutilerait leur génie. Jamais, au grand jamais, la société ne produira de ces poêles; mais en dehors de la société, ils apparaissent encore par intervalles, plutôt, il est vrai, comme des étrangers qui étonnent, ou comme des enfants de la nature mal-appris dont on se scandalise. Si bienfaisantes que soient ces apparitions, pour l'artiste qui les étudie et pour le véritable connaisseur qui sait les app 4cier, en somme et auprès du siècle où elles se produisent, elles ne font pas fortune. Le sceau de la domination est empreint sur leur front, et nous, nous demandons aux Muses de nous bercer, de nous porter sur leurs bras. Les critiques, en vrais garde-haies de l'art, détestent ces poètes comme perturbateurs des règles et des limites. Homère, tout le premier, pourrait bien ne devoir qu'à la force d'un témoignage de plus de dix siècles tout le prix que veulent bien lui laisser ces aristarques ; encore ont-ils déjà assez de mal à maintenir leurs règles contre son exemple, ou son autorité contre leurs règles.
Le poète, disais-je^, est nature, ou bien il cherche la nature. Dans le premier cas, c'est un poète naïf; dans le second, un poète sentimentale
L'esprit poétique est immortel, il ne peut disparaître de l'humanité : il n'en peut disparaîire qu'avec l'humanité même, ou avec l'aptitude à être homme. Et, en effet, quoique l'homme, par la liberté de son imagination et de son entendement, s'éloigne de la simplicité, de la vérité, de la nécessité de la nature, il lui reste encore non-seulement un chemin toujours ouvert pour y revenir, mais, de plus, un instinct puissant et indestructible , l'instinct moral , qui le ramène incessamment à la nature ; et la faculté poétique est précisément unie à cet instinct par les liens de la plus étroite parenté. Ainsi l'homme ne perd pas la faculté poétique aussitôt qu'il dépouille la simplicité de la nature ; seulement cette faculté agit dès lors dans une autre direction.
Aujourd'hui encore, la nature est la seule flamme où se nourrit le génie poétique; c'est en elle seule qu'il puise toute sa force, à elle seule qu'il parle, même chez l'homme factice, au sein de la civilisation. Tout autre moyen d'action est étranger à l'esprit poétique; et c'est pourquoi, soit dit en passant, on a
1. Ici commence le second article, inséré au 12* cahier des Heures.
2. Il y a quelques mots de plus dans les Heures : « Le poète, disais-je, dans le précédent essai sur le Nai'f.... »
3. Les Heures ajoutent : a L'explication de cette proposition fera l'objet du présent essai. »
grandement tort d'appeler poétiques tous ces ouvrages où règne Vesprit proprement dit, bien que nous les ayons longtemps confondus avec la poésie, abusés que nous étions par le crédit de la littérature française. C'est la nature, dis-je, qui aujourd'hui encore, dans notre civilisation artificielle, fait toute la force de l'esprit de poésie ; seulement cet esprit est maintenant dans un tout autre rapport avec elle qu'aux premiers âges.
Tant que l'homme demeure à l'état de pure nature (entendons-nous : je dis pure, et non pas grossière), tout son être agit à la fois comme une simple unité sensible, comme un harmonieux ensemble. Les sens et la raison, la faculté réceptive et la faculté spontanément active, n'ont point encore démêlé leurs fonctions respectives; à plus forte raison ne sont-elles pas encore en contradiction Tune avec l'autre. Alors les sentiments de l'homme ne sont pas le jeu informe du hasard ; ni ses pensées, un jeu vide et sans valeur de l'imagination : ses sentiments procèdent de la loi de nécessité; ses pensées, de la réalité. Mais quand l'homme est entré dans l'état de civilisation, et que l'art l'a façonné, cette harmonie sensible qui était en lui disparaît, et désormais il ne peut plus se manifester que comme unité morale, c'est-à-dire comme aspirant à l'unité. L'harmonie entre le sentiment et la pensée, harmonie qui existait de fait dans le premier état, n'existe plus maintenant qu'à l'état idéal; elle n'est plus en lui, mais hors de lui; c'est une conception de la pensée, qu'il doit commencer par réaliser en lui-mêine; ce n'est plus un fait, une réalité de sa vie. Eh bien, prenons maintenant l'idée de la poésie, qui n'est autre chose que d'exprimer Vhmnanité aussi complètement qu'il est possible, et appliquons celte idée à ces deux états : nous serons amenés à conclure que, d'une part, dans l'état de simplicité naturelle, où, toutes les facultés de l'homme s'exerçant ensemble, son être se manifeste encore dans une harmonieuse unité, où, par conséquent, la totalité de sa nature s'exprime complètement dans la réalité même, le râle du poêle est nécessairement d'imiter le réel aussi complètement qu'il est possible; dans l'état de civilisation, au contraire, lorscjue cet harmonieux concours de toute la nature humaine n'est plus rien qu'une idée, le rùle du poète est nécessairement d'élever la réalité à l'idéal, ou, ce qui revient au même, de représenter CidéaL
Et, en effet, ce sont là les deux seules manières dont puisse, en général, se manifester le génie poétique. On voit assez combien elles diffèrent l'une de l'autre; mais, quelque opposition qu'il y ait entre elles, il est une idée supérieure qui les embrasse toutes deux, et l'on ne doit pas du tout s'étonner que cette idée ne fasse qu'un avec l'idée même de l'humanité.
Ce n'est pas ici le lieu de poursuivre plus loin cette pensée , qui demanderait à être exposée à part pour être mise en tout son jour. Mais pour peu qu'on soit capable de comparer entre eux les poètes anciens et modernes ^ , non d'après les formes accidentelles dont ils ont pu se servir, mais d'après leur esprit, on se convaincra aisément de la vérité de cette pensée. Ce qui nous touche dans les poètes anciens, c'est la nature , c'est la vérité sensible , c'est la réalité présente et vivante : les poètes modernes nous touchent au moyen d'idées.
Ce chemin que suivent les poètes modernes est d'ailleurs celui que suit nécessairement l'homme en général, les individus aussi bien que l'espèce. La nature concilie l'homme avec lui-même; l'art le divise et le dédouble ; l'idéal le ramène à l'unité. Or l'idéal étant un infini qu'il ne parvient jamais à atteindre, il s'ensuit que l'homme civilisé ne peut jamais devenir parfait dans son genre, tandis que l'homme de la nature le peut devenir dans le sien. L'un serait donc, quant à la perfection, infiniment au-dessous de l'autre, si l'on ne considérait que le rapport où ils sont tous deux avec leur genre propre et leur maximum. Si, au contraire, ce sont les genres mêmes que l'on compare l'un à l'autre, on reconnaît que le but auquel l'homme tejid par la civilisation est infiniment préférable à celui où il atteint par la nature. Ainsi, l'un tire son prix de ce qu'ayant pour objet une grandeur finie, il atteint complètement
1. Peut-être n'est-il pas superflu de rappeler qu'en opposant ici les poètes modernes aux anciens, on a moins égard à la distance dans le temps qu'au tour différent de leurs génies. Nous avons aussi des poésies naïves dans les temps modernes, que dis-je? même de nos jours on en pourrait citer de tous les genres, bien que la naïveté n'y soit plus absolument pure; et réciproquement la poésie sentimentale ne laisse pas d'être représentée aussi chez les Latins, et même chez les Grecs. On rencontre souvent la réunion des deux genres, nonseulement dans le même poète, mais dans le même ouvrage, dans Werther, par exemple ; et ce seront toujours ces sortes de productions qui feront le plus grand effet. [Note de Schiller.)
cet objet; le mérite de l'autre est de s'approcher d'un objet qui est d'une grandeur infinie. Or, comme il n'y a de degrés et de progrès que dans la seconde de ces évolutions, il s'ensuit que le mérite relatif de l'homme engagé dans les voies de la civilisation n'est jamais déterminable en général, quoique cet homme, à prendre les individus à part, se trouve nécessairement en désavantage par rappoi't à l'homme en qui la nature agit dans toute sa perfection. Mais nous savons aussi que l'humanité ne peut atteindre à sa fin dernière que par le progrès ^ et que l'homme de la nature ne peut faire de progrès que par la culture , et par conséquent en passant lui-même à l'état de civilisation : il n'y a donc pas à se demander auquel des deux états doit rester l'avantage eu égard à cette fin dernière.
Tout ce que nous disons ici des deux formes difl^érentes de l'humanité, peut s'appliquer également aux deux ordres de poètes qui y correspondent.
Aussi aurait-on bien fait ou de ne point comparer du tout entre eux les poètes anciens et les modernes, le poète naïf et le poète sentimental, ou de ne les comparer qu'en les rapportant à une idée supérieure (puisqu'il y en a réellement une) qui embrasse les uns et les autres. Car, à vrai dire, si l'on commence par se former une idée spécifique de la poésie uniquement d'après les poètes anciens, rien n'est plus facile, mais aussi rien n'est plus vulgaire que de déprécier les modernes par cette comparaison. Si l'on veut n'appeler du nom de poésie que ce qui de tout temps a produit une même sorte d'impression sur la simple nature, c'est se mettre dans la nécessité de contester le titre de poète aux modernes, précisément dans ce qu'ils ont de plus beau, déplus original et de plus sublime, puisque précisément dans les endroits où ils excellent, c'est à l'enfant de la civilisation qu'ils s'adressent, et qu'ils n'ont rien à dire au simple enfant de la naturel Pour celui dont l'âme n'est pas disposée par
1. Molière, en tant que poCte naïf, pouvait s'en rapporter au jugement de sa servante, de ce qu'il deviiil laisser ou retrancher dans ses c médies ; il serait même à désirer que les maîtres du cothurne français eussent fait qu' lipiefois cette épreuve avec leurs tragédies. Toulefois je ne conseillerais pas d'y soumettre les Odes de Klo|)st()ck, les plus beaux endroits de la âl(ssiade, ni le Paradis perdu, ni Nathan le Sa<je , ni beaucoup d'autres ouvra^(;s de ce genre. Mais que dis-je? cette expérience, on la fait tous les jours : n'est-ce pas la ser-
avance à sortir de la réalité pour entrer dans le domaine de l'idéal, la poésie la plus riche et la plus substantielle est une vaine apparence , et les plus sublimes élans de l'inspiration poétique une exagération. Jamais l'homme raisonnable ne s'avisera démettre auprès d'Homère, là oii il est grand, aucun de nos poètes modernes ; et c'est déjà quelque chose d'assez malsonnant, d'assez ridicule, que d'entendre honorer Milton ou Klopstock du nom de « nouvel Homère. » Mais prenez chez les poètes modernes ce qui les caractérise, ce qui fait leur mérite propre , et avisez-vous de rapprocher d'eux par cet endroit un ancien poète : il ne soutiendra pas mieux le parallèle, et Homère moins que tout autre. Je dirais volontiers que la puissance des anciens consiste à resserrer les objets dans le lini, et que les modernes excellent dans l'art de l'infini.
Que si la force des artistes de l'antiquité (car ce que nous avons dit ici de la poésie peut s'étendre aux beaux-arts en général, sauf certaines restrictions qui vont de soi) consiste à déterminer et limiter les objets, il ne faut plus s'étonner que, dans le domaine des arts plastiques, les anciens restent de beaucoup supérieurs aux modernes, ni surtout que la poésie et l'art plastique chez les modernes , comparés l'une et l'autre à ce qu'ils étaient chez les anciens, ne nous offrent point la même valeur relative. C'est qu'une œuvre qui s'adresse aux yeux n'est parfaite qu'autant que l'objet y est nettement limité; tandis qu'une œuvre qui s'adresse à Fimaginalion peut atteindre aussi à la perfection qui lui est propre, au moyen de l'idéal et de l'infini. Voilà pourquoi la supériorité des modernes en ce qui touche aux idées, ne leur est pas d'un grand secours dans les arts plastiques, où il leur faut nécessairement déterminer clans l'espace, avec la dernière précision, l'image que leur imagination a conçue , et par conséquent se mesurer avec l'artiste ancien justement sur un point où l'on ne peut lui disputer l'avantage. En
vante de Molière qui déraisonne à perte de vue dans nos BibHoihèques critiques, dans nos Annales philosophiques etlittéraires , dans nos Descriptions de voy ges? N'est-ce pas elle qui prononce souverainement sur la poésie, sur l'art, etc.? Seulement, cela va sans dire, c'est la servante de Molière transplantée en Allemagne, et déraisonnant avec un peu plus d'absurdité qu'en France : critique d'antichambre, toujours, mais accommodée aux antichambres de ce pays-ci.
{jSote de Schiller.)
SCHILLER. — ESTHÉT. 24
fait de poésie, c'est autre chose; et si l'avantage est encore aux anciens sur ce terrain même , pour ce qui est de la simplicité des formes , pour tout ce qui peut se représenter par des traits sensibles, tout ce qui est chose corporelle: en revanche, les modernes l'emportent sur les anciens pour la richesse du fond , pour tout ce qui ne peut ni se représenter ni se traduire par des signes sensibles, bref, pour tout ce qu'on appelle V esprit et Vidée lans les ouvrages de l'art ^
Du moment que le poète naïf se contente de suivre la simple nature et le sentiment, qu'il se borne ù l'imitation du monde réel, il ne peut être placé aussi, à l'égard de son sujet, que dans un seul rapport ; et, à ce point de vue, il n'y a pas de choix pour lui quanta la manière de le traiter. Si les poésies naïves produisent des impressions différentes (il est bien entendu que je ne parle pas des impressions qui tiennent à la nature du sujet, mais
1. Il y a ici, dans les Heures, une longue note qui a été supprimée dans les Opuscules en prose et dans les OEuxres complètes :
« C'est Vindividualité en un mot qui est le caractère de l'antique, et Vidéalite qui est la force du moderne. 11 est donc naturel que dans tout ce qui doit aboutir à l'intuition sensible immédiate et agir individuellement, le premier remporte la victoire sur le second. D'un autre côté, il est tout aussi naturel que là où il s'agit d'intuitions spirituelles, que là où le monde des sens peut et doit être franchi, le premier souftVe nécessairement des bornes de sa matière, et que, tout juste parce qu'il s'y attache rigoureusement, il reste en arrière du second, qui s'en affranchit.
ce Ici se présente naturellement une question , la plus importante qui puisse en général s'offrir dans une philosophie de l'art. L'individualité peut-elle, dans un ouvrage de l'art, se concilier avec l'idéalité, et jusqu'àquel i)oinl le | eut-elle? Par conséquent, ce qui revient au même, peut-on imaginer une alliance du caractère poétique ancien et du moderne, laquelle, si elle avait réellement lieu, devrait être considérée comme le comble de l'art? Des juges compétents soutiennent que les anciens, quant à l'art plastique, sont parvenus en quelque manière à ce résultat, puisqu'ici l'individu est réellement idéal, et que l'idéal se manifeste dans un individu. Ce qu'd y a de certain , c'est que jusqu'ici dans la poésie, ce comble de l'art n'a été atteint en aucune façon ; car là il s'en faut encore de beaucoup que l'œuvre la plus parfaite pour la forme le soit aussi pour k; fond, qu'elle soit non pas seulement un vrai et bel ensemble, mais encore l'ensemble le plus riche possible. Mais que ce but se puisse atteindre ou non, qu'il ait été, ou non, atteint, toujours est-il (jue le problème à résoudre eu jjoésie, est d'individualiser l'idéal, et d'idéaliser l'individuel. Le poëte moderne doit se proposer cette tâche pour peu qu'il veuille assigner dans sa pensée une fin dernière (^t supn'ime à ses efforts. Car, comme d'un côté par la faculté des id(;es, il est entraîné au delà de la réalité, et (]ue de l'autio , par l'instinct de représentation, il y est constamment ramené de force, il entre en lutte avec luimôme, et celle lutte il ne la i)out terminer (|u'en admettant, comme règle, la possibilité de représenter l'idéal. «
seulement de celles qui tiennent à l'exécution poétique) , toute la diflérence est dans le degré : il n'y a qu'une seule manière de sentir, qui varie du plus au moins ; la diversité même des formes extérieures ne change rien à la qualité de cette impression esthétique. Que la forme soit lyrique ou épique, dramatique ou descriptive, nous pouvons recevoir une impression ou plus forte ou plus vive, mais, si nous écartons ce qui tient à la nature du sujet, jamais nous ne serons affectés de deux manières différentes. Le sentiment que nous éprouvons est absolument identique ; il procède tout entier d'un seul et même élément , à ce point que nous sommes incapables d'y rien distinguer. La différence même des langues et celle des temps n'entraîne ici aucune diversité, car cette rigoureuse unité d'origine et d'effet est précisément un caractère de la poésie naïve.
11 en va tout autrement de la poésie sentimentale. Le poète sentimental réfléchit sur l'impression que produisent sur lui les objets; et c'est seulement sur cette réflexion qu'est fondé l'état d'émotion où il se transporte lui-même , où il nous transporte après lui. Ici, l'objet est rapporté à une idée; et c'est uniquement sur ce rapport que repose toute sa force poétique II s'ensuit que le poète sentimental a toujours affaire à deux forces opposées, à deux façons de se représenter les objets et de les sentir : à la réalité, en tant que borne, et à son idée, en tant qu'infini; et le sentiment mixte qu'il éveille témoignera toujours de cette dualité d'originel La poésie sentimentale admettant ainsi plus d'un principe , reste à savoir lequel des deux prédominera chez le poète , et dans sa façon de sentir et dans sa façon de se représenter l'objet ; et par conséquent une difierence dans la façon de le traiter est possible. Voici donc une nouvelle
1. Demandez-vous quelle sorte d'impression produisent sur vous les poésies naïves, en faisant abstraction, si vous le pouvez , de l'intérêt inhérent au sujet lui-même : vous reconnaîtrez que cette impression, même dans les sujets les plus pathétiques, est toujours gaie, toujours pure et toujours calme : dans les poésies sentimentales, au contraire, votre impression aura toujours quelque chose de triste et de tendu. C'est qu'en lisant une description naïve, quelle qu'en soit d'ailleurs la matière, nous nous réjouissons toujours delà vérité, de la présence vivante de Tobjet dans notre imagination , et nous ne cherchons rien au delà; tandis que dans une description sentimentale, nous avons à associer la représentation de l'imagination à une idée rationnelle, si bien que nous flottons toujours entre les deux états différents. {Note de Schiller.)
372 DE LA POÉSIE NAIVe: ET SENTIMENTALE.
question qui se présente : le poëte s'attachera-t-il de préférence à la réalité ou à l'idéal? à la réalité comme objet d'aversion et de dégoût, ou à l'idéal comme objet d'inclination? Le poëte pourra donc traiter un même sujet soit par le côté satirique ^ soit par le côté élégloque (à prendre ces mots dans un sens plus large et qui sera expliqué dans la suite) : tout poëte sentimental se rattachera nécessairement à l'une ou à l'autre de ces deux façons de sentir.
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