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AUX LETTRES DE SCHILLER

Lorsque nous avons entrepris la publication d'une traduction complète des œuvres de Schiller et de Goethe, nous voulions y comprendre toute la correspondance de ces deux grands écrivains , et cette intention a été annoncée au public, en ce qui concerne Schiller, dans la préface mise en tête du premier volume de ses œuvres (page vi). Nous avons fait plus; toutes les lettres de Schiller ont été traduites par M. Prévost, une partie de celles de Goethe à Schiller par M. Régnier, et les manuscrits sont entre nos mains.

Mais, au moment de les livrer à l'impression, plusieurs considérations graves nous ont frappés.

D'abord quel ordre devions-nous suivre ? Fallait-il imprimer à la suite des œuvres de chacun des deux auteurs toutes les lettres qu'on a conservées de lui? Mais, dans ce cas, on aurait perdu l'avantage de réunir dans une seule et même publication, comme on l'a fait en Allemagne, l'importante correspondance échangée entre Goethe et Schiller, et, en rompant la chaîne, on aurait beaucoup diminué et l'intérêt et la clarté. Quant aux lettres adressées à d'autres personnes, les aurait-on données isolément, ou bien y aurait-on joint les réponses im-

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primées dans divers recueils? A cet égard, on se trouvait placé, comme l'on voit, dans l'alternative de rester incomplet ou d'étendre démesurément la publication.

Enfin le nombre des volumes, qui pour les œuvres de Schiller avait été fixé à sept dans les prévisions de la traduction , s'est trouvé finalement porté à huit. Fallait-il imposer au public l'obligation d'acheter en sus trois volumes au moins de correspondance?

Nous avons pensé qu'il y avait lieu de chercher à concilier tous les intérêts au moyen d'une combinaison qui nous paraît préférable, à quelque point de vue qu'on se place , et qui est d'une extrême simplicité.

Les lettres de Schiller et de Goethe ne seront point comprises dans la traduction que nous publions de leurs Œuvres complètesy dont au reste elles ne font pas partie davantage dans les éditions allemandes. Nous nous réservons de les donner ultérieurement, dans la forme qui nous paraîtra la plus favorable pour en rendre la lecture attrayante et commode. Le mieux serait peut-être de faire de la correspondance de Schiller et de Goethe, et de celle de Schiller avec Kœrner, deux recueils distincts et complets en eux-mêmes. Les autres correspondances seraient réunies dans une seule publication , avec les divisions qu'elles comporteraient, et on y ajouterait celles des lettres des correspondants qui seraient nécessaires pour la clarté ou d'un grand intérêt.

Nous livrons aujourd'hui au public le tome YIIP et dernier des œuvres de Schiller. La traduction de celles de Goethe sera entièrement imprimée en 1862. L'accueil plus ou moins favorable qui sera fait à ces deux importants ouvrages, avancera ou retardera l'époque de la publication des correspondances.

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