‹ Esthétique musicaleChapitre 81 sur 125 · ACCORD MIXTE DB NEUVIÈME DOMINANTE MINEURE · texte numérisé non relu

ACCORD MIXTE DB NEUVIÈME DOMINANTE MINEURE

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Il résulte de là que réciproquement Vaccord mixte de neuvième dominante mineure peut se translbrmer par Venharmonie en notre nouvel accord altéré E", dont la fonction harmonique est entièrement différente. Le présent accord altéré E" est donc, par rapport à Vaccord mixte de neuvième dominante mineure , ce que Vaccord de neuvième majeure et septième diminuée , avec tierce majeure et quinte mineure , désigné par Cvï, et traité précédemment (§§. 222 et 223), est par rapport à Vaccord naturel de neuvième dominante majeure. Disons en passant que les deux accords C^' et E'' présentent V accomplissement autogénique des deux accords connus de neuvième dominante majeure et mineure, auxquels on peut les ramener par le moyen de Tenharmonie ; et ajoutons que ces accords connus appartiennent essentiellement à la THÉORIE harmonique, tandis que les accords altérés G^' et E'' font partie de sa techme , comme on le saura un jour , quand la loi de CRÉATION sera généralement reconnue et appliquée à toutes les branches des connaissances humaines (i).

§. 242. La faculté que possède le présent accord E'' de se transformer , par l'enharmonie , en un accord de neuvième dominante mineure dont ut^ ou ré^ est la note fondamentale, donne lieu à la remarque que nous avons faite déjà §. 223, page 288, au sujet de Vaccord de neuvième majeure et septième diminuée^ avec tierce majeure et quinte mineure , à savoir que notre accord E^' nous donne ainsi le moyen de moduler vers le pôle positif ou vers le pôle négatif de la famille du ton d'ut. (Voir page 169, la digression sur les trois familles de tons de notre Système musical).

§. 243. Quand on n'opère aucun changement enharmonique sur les fonctions de notre accord, c*est-à-dire quand on lui laisse son individualité, on ne peut plus le confondre avec l'accord de neuvième dominante mineure. Alors il offre des ressources harmoniques toutes nouvelles que nous allons signaler rapidement; et d'abord ,,

• ( 1) Voir la note aa bas de la page 119.

pour ôter toute dureté à ragrégation, il convient d'en retrancher la fonction de tierce, dont on se servira pour amener diatoniquement la fonction dissonante de neuvième majeure. L'exemple suivant 9 qui offre une modulation d^ut mineur en si mineur , éclaircira notre pensée :

Fig. 111.

Utnz

=«ni

zen:

If s

dfc

di^

Hffi

Ut mineur.

SI mineir.

§. 244. Une autre résolution de l'accord E" mérite d'être signa» lée, parce qu'elle peut servir à unir deux tons , l'un mineur , l'autre majeur qui diffèrent de six accidents à la clef, par exemple le ton d'iif mineur et le ton de LA majeur. Il sufBt pour cela de transformer la fonction de septième de notre accord , en son équivalent enharmonique, au moment de la résolution de l'accord lui-même sur l'accord de septième dominante du nouveau ton majeur. On fera descendre la fonction de quinte d*un demi-ton diatonique sur la fondamentale de l'accord naturel de septième, et monter soit immédiatement , soit médiatement , et aussi d'un demi-ton diatonique, sa fonction de neuvième , placée dans la partie supérieure , sur celle de septième de l'accord dissonant naturel. Voici du reste la réalisation de cette harmonie:

Fig. 112.

lento

vl mineur.

La majeur

§. 245. Dans l'exemple précédent, la fonction de neuvième de notre accord de neuvième majeure et Uftiémê diminuée^ avec itérée et

quinte mineures^ ne se résout que midialemeni au deuxième temps de la seconde mesure. On peut voir ci-^après, fig. (iiS)', la resolution immédiate de cette même fonction de neuvième , simultanément avec la résolution de la fonction de quinte; du reste, ces résolutions simultanées et en sens inverses des fonctions de quinte et de neuvième de notre accord E", ne sont ici que l'objet accessoire de la iig. {iisy. L'objet principal sur lequel nous appelons maintenant l'attention du lecteur, est beaucoup plus important. Il s'agit, en effet, de Texplication rationnelle d'un fait harmonique d'ailleurs bien connu, mais qu'il ne parait pas fecile de justifier complètement par les théories généralement admises. Ce fait connu est tout simplement . Venchaînement de deux accords de septième dominante^ [dont les fondamen-^ taies se sueeèdetU par tierce mineure supérieure^ comme dans l'exemple suivant :

Fig. 113.

Gomment justifier celte note sensible mi^ qui de la première à la seconde mesure descend au fnib|, contrairement à sa tendance qui la porte vers le /aj^? Pour se tirer d'affaire, on dit que les deux accords de septième dominante ont deux notes communes, et l'on croit avoir tout expliqué. Ou bien, si l'on est plus profond harmoniste , i cette première raison , on ajoute la suivante , qui vaut infiniment mieux , à savoir que : si Taltraction <. du premier accord de septième ne reçoit pas sa résolution naturelle, c'est qu'elle est immédiatement remplacée par une attraction équivalente [^^{^>

d'où résulte une surprise pour l'oreille qui se trouve complètement

fsol^ , sur Te

la tierce |?J** de l'accord parfait majeur; et que d'ailleurs, la proximité des tons de /a|t mineur et de LA majeur , sert de base à l'u^ nion des deux accords de septième dominante.

Certes, celte seconde explication parait satisfaisante , et peu de faits harmoniques semblent même mieux justifiés; ce qui est vrai relativement , c'est-^i-dire quand on ne dépasse point la région de l'iMirmonte immanente (1). Mais en est-il de même dans un sens absolu? N'a-t-on pas tourné la difficulté au lieu de l'aborder de front? Et la double irrégularité de la marche chromatique deseendanie de la note sensible et de la succession fondamentale par tierce mineure supérieure a-telle don^ reçu une explication valable aux yeux de la raison? Non, sans doute. Eh bien , on va voir qu'en s^élevant dans la région supérieure de Vharmonie transcendante j les deux susdites irrégularités disparaissent complètement.

Substituons idéalement^ dans la première mesure de la iig« li3, un fa^ au miifi , et un lck> au MJ# ; substituons de même , dans la troisième mesure, un réb à Yuti^y et un fa]) au Mit); on aura le résultat suivant :

Fig. (113/.

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