OBSERVATION N° V
(Dr. René CHEVALLIER)
Mile Buis…, 20 ans. La malade présente depuis 7 ans un syndrome douloureux épigastrique rebelle à tout traitement. Il s’agit d’une douleur très vive, permanente, ne cédant que la nuit, sujette à des exacerbations irrégulières, indépendantes aes repas, évoluant par courtes ou longues périodes. Certaines périodes ont duré plusieurs mois sans rémissions sensibles. Cette douleur parfois transfixiante, siège assez exactement à l’épigastre. Les radiographies gastro-duodénales pratiquées à diverses reprises ne montrent aucun signe direct, ni indirect d’ulcus. Le chimisme est normal. La recherche du sang dans les selles est le plus souvent négative mais parfois faiblement positive. Les radiographies de la vésicule ne montrent aucun calcul, aucune anomalie. Il existe à l’examen clinique deux points douloureux à la palpation, l’un solaire, l’autre vésiculaire. Les tubages duodénaux donnent issue aux trois biles et restent sans action thérapeutique. Tous les traitements sont d’ailleurs inefficaces. Les médications de l’ulcus gastro duodénal, de la lithiase vésiculaire, de la solarite, de l'allergie digestive, de la cellulite, ou sont sans effet, ou bien réveillent les douleurs. Le carbonate de bismuth, entre autre, déclanche de violentes exacerbations.
On apprend que la malade présente depuis 7 ans des poussées d’aphtes buccaux dont l'apparition est très exactement contemporaine de celle des crises gastriques. Elle a noté qu’il existait un véritable balancement entre les aphtes et les épigastralgies. Ce n’est qu'après la disparition des aphtes buccaux que les douleurs gastriques surviennent. Il est exceptionnel que les aphtes et les douleurs d’estomac coexistent.