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C. — La dermatose s'accompagne de gastrite mamelonnée

Certaines glossites (en particulier la glossite de Hunter, la glossite mamelonnée, la langue rasée partielle ou diffuse) ont fait l’objet également d’investigations, qui ont été rapportées par MM. Paul Chevallier, F. Moutier et leurs collaborateurs (6, 9). Ils ont pu voir que la gastrite mamelonnée est fréquente alors que la langue mamelonnée est rare. L’existence de cette dernière est toujours révélatrice d’une gastrite mamelonnée alors que l’inverse n’est pas vrai. L'aspect mamelonné de la glossite reproduit exactement celui de la gastrite avec laquelle elle coexiste toujours.

D. — La dermatose s'accompagne de gastrite polymorphe

C’est ici la question des eczémas que nous abordons, étudiée particulièrement par MM. P. Chevallier et F. Moutier (10, 16). En un pareil domaine, la clinique est souvent trompeuse, car la plupart des eczémateux, chez qui on admet si facilement l’existence des troubles digestifs, ne se plaignent habituellement pas de l’estomac. Ici la radiologie et l'étude du suc gastrique sont d’un faible secours. Or, à notre surprise, la gastroscopie va nous révéler souvent l’existence de gastrite intense là où la clinique et les autres modes d’investigation s’avéraient complètement muets. Sur plus de 40 malades étudiés, les auteurs parisiens, dans 16 cas, ont trouvé un estomac normal au gastroscope. Dans 5 autres cas, les modifications relevées étaient discrètes (myxorrhée considérable, muqueuse pâle, élargissement des pôles gastriques). Dans tous les autres cas, les altérations étaient caractérisées et réalisaient des types de gastrite variables. Nous retrouverons ici le polymorphisme descriptif auquel la dermatologie nous a habitué et dont on lui fait parfois grief. Selon l’intensité, l'étendue du processus congestif, la muqueuse gastrique offrira des aspects très divers, s’apparentant aux images non moins variées des manifestations eczémateuses tégumentaires : rougeur, œdème, fissuration, vésiculation, épithélite desquamative, pultacée, aphtoïde ou ulcéreuse ; telles sont si l’on

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peut dire les lésions élémentaires les plus fréquemment rencontrées.

D’autres fois, la muqueuse apparaîtra hypertrophique, mamelonnée, ou au contraire franchement lisse, atrophique et nacrée. Mais la diversité de ces aspects morphologiques ne fait que traduire l’existence de gastrites, dont le nombre est limité et dont lindividualisation anatomo-clinique a été poussée déjà fort loin. C’est, d’une part, la gastrite aiguë plus ou moins diffuse qui semble représenter l’image gastroscopique la plus couramment observée dans l’eczéma ; c’est, d’autre part, la gastrite mamelonnée et surtout la gastrite atrophique, cette dernière s’accompagnant souvent, dans ses localisations fundiques, d’hypo ou d’anachlorhydrie complète, et qui ne représentent peut-être d’ailleurs que l’aboutissement de certaines gastrites aiguës mamelonnées. Nous verrons ultérieurement l’interprétation qu’il est possible de donner à ces faits et nous nous demanderons, comme l’a fait P. Chevallier, s’il est permis, à propos de certaines gastrites vésiculeuses, de prononcer le mot apparemment audacieux « d’eczéma gastrique ». Pour l'instant, bornons-nous à dire que ce n’est pas tant dans l’eczéma aigu vésiculeux, autrement dit l’eczéma banal, que l’on rencontre les plus belles gastrites, mais bien davantage dans l’ensemble des dermatoses constituant l’eczéma séborrhéique de Unna : eczématides nummulaires, eczémas intertrigineux pityriasiques généralisés, etc. C’est précisément dans un eczéma séborrhéique ancien, invétéré, rebelle, généralisé peu à peu au point de dé-

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terminer une véritable érythrodermie, qu’il a été procédé à une gastroscopie qui a révélé une gastrite aiguë extraordinairement intense et superposable en tous points à la dermite eczématiforme de notre malade. Avec celle-ci nous rapportons quatre autres observations d’eczéma où nous trouverons tous les degrés de troubles digestifs, avec différents aspects de gastrites.

OBSERVATION N° XVII (J. GATÉ, H. THIERS, R. CHEVALLIER et P. MICHEL) (30)

R.…., Félicie, 34 ans, a été adressée par le Docteur Michel dans le service du Docteur Gaté le 3 août 1933 (fiche n° 6.121). Elle présentait alors un eczéma d’allure séborrhéique intéressant d’une part la face, la région cervicale et la partie supérieure du thorax, d'autre part la partie inférieure du ventre, les plis inguinaux, là face interne des cuisses et les plis sous-mamaires. Son eczéma remontait déjà à une douzaine d’années environ et était apparu en 1919, un mois et demi après une appendicectomie. Cet eczéma procédait par poussées intermittentes avec entre elles des rémissions assez longues. La malade vue lors d’une poussée alors qu’elle était hospitalisée dans le service du Professeur Favre à l’Hôtel-Dieu en 1930 présentait à cette époque déjà le tableau clinique identique à celui réalisé au moment de son entrée à l’Antiquaille. Des applications sulfocadiques en avaient eu aisément raison et la dermatose ne présentait pas alors un caractère aussi rebelle. Notons que cetie poussée apparue en 1930 avait succédé à des manifestations gastriques de type ulcéreux, avec héma-

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