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achlorhydrique, et parfois de certains stigmates frustes de chlorose. Y a-t-il là un syndrome dans lequel chacun des éléments est en quelque sorte sur le même plan, syndrome dont l'apparition serait déterminée par l'intervention d’une cause commune qu’il resterait à déterminer ? Ou bien, au contraire, l’urticaire cutanée serait-elle sous la dépendance de cette gastrite atrophique ? Le problème n’est pas nouveau et de tout temps l’origine digestive de certaines urticaires, désignées pour cette raison même du nom d’urticaires digestives, a eu ses partisans. Dans son mémoire récent (14), Paul Chevallier se pose les questions ci-dessus et mentionne que déjà au xix° siècle, Hardy faisait des troubles digestifs la cause de lurticaire, tandis que Bazin voyait dans les troubles digestifs et le syndrome cutané « des manifestations différentes d’une même cause morbifique interne ». Pour Kaposi, l’altération gastrique précédait l’urticaire et c’est sa persistance qui expliquait l’urticaire chronique récidivante. Les recherches de Leredde et Robin sur le chimisme gastrique et les lésions sanguines des urticariens furent les préludes à la conception actuelle de Paul Chevallier qui discute avec beaucoup de détails les deux thèses en présence. Certes l’apparition d’une gastrite atrophique succédant à une gastrite traînante lui a paru, dans certaines circonstances, déterminer l’éclosion des poussées urticariennes chez des sujets jusque-là indemnes. L'efficacité parfois remarquable de la médication ferrugineuse, ou de l’acide chlorhydrique, pourrait s’expliquer aussi par l’action eutrophique
bien connue du fer et de l’acide chlorhydrique sur la muqueuse gastrique altérée. « Le poison qui déclenche les accidents, écrit P. Chevallier, pénétrerait par l’estomac à la faveur des lésions muqueuses... Il serait constitué par des molécules alimentaires n'ayant pas subi de la sécrétion gastrique déficiente, la transformation normale ». Cette explication ne séduit pas cependant l’auteur. Il fait justement remarquer, en effet, la fréquence de l’atrophie gastrique en dehors de l’urticaire. Il a observé parfois une efficacité tout à fait surprenante de la médication martiale alors même que l’atrophie gastrique ne s’en trouvait pas améliorée. Aussi, pour lui, les différents éléments du syndrome : urticaire, gastrite atrophique, altération sanguine habituellement discrète (métanémie) sont conditionnés par l’existence d’une diathèse générale d’origine encore inconnue : la chlorose. D’ailleurs, la relation de cette dernière avec des altérations gastriques est connue de longue date, à tel point même qu’une théorie gastrique de la chlorose a pu être soutenue. De vieux auteurs comme Alibert signalaient la coexistence possible de l'urticaire et de la chlorose typique. D’après P. Chevallier, aux côtés de la chlorose classique avec lésions sanguines nettes, existeraient des chloroses frustes, latentes, méconnues, susceptibles précisément de s’associer avec des manifestations cutanées, telles que Purticaire ou, comme nous l’avons vu, le prurigoleucodermique. Dans cette manière de voir l’efficacité de la médication ferrugineuse trouverait une explication facile. Il est assez curieux d’assister ainsi
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par le processus de la gastroscopie à la résurrection bien inattendue de cette ancienne chlorose dyspeptique d’Hayem à peu près complètement oubliée. Précisons, d’ailleurs, que Paul Chevallier n’entend faire rentrer dans ce cadre que les urticaires strictement digestives et que sa conception n’exclut en rien bien entendu, l'intervention des facteurs humoraux de sensibilisation admis par tous.
Nous avons affronté deux thèses classiques, mais ne pourrait-il en exister une troisième, conséquence logique des deux autres ?
C) LE DYSFONCTIONNEMENT CUTANÉ NE PEUT-IL RE- TENTIR SUR LE TUBE DIGESTIF ET SES ANNEXES ? Ce sont là des questions posées très justement par A. Desaux et R. Dubois (29). De même que les agents toxi-infectieux peuvent traverser la muqueuse gastrique, l’épithélium intestinal, le foie, pour atteindre la peau, de même les microbes de surface, les poisons apposés sur l’épiderme sont capables, après avoir rompu la barrière de kératine et franchi le barrage cutané, de parvenir jusqu’au tractus digestif. De même le dysfonctionnement de la peau peut créer un déséquilibre humoral et nerveux, cause de troubles digestifs divers. Kaufmann, créant une dermatite expérimentale chronique sur des chiens, constata :
1° Des lésions de dégénérescence du foie avec de la gastrite juxta-pylorique. Selon lui ces lésions étaient dues à l’action toxique des produits de désin-
tégration des albumines cutanées, produits mal définis.