‹ Etablissement des Soeurs de Charité à la Rivière Rouge [microforme]Chapitre 3 sur 4 · PET · texte numérisé non relu

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“Il faudrait des Sœurs pour la Colombie, Si la Compagnie donne “ des passages pour des femmes d'industrie, il faudrait tâcher d'en- “ voyer des religieuses à la place; quand même il faudrait retarder “ d'un an, faites passer des sœurs de la Charité ou autres.”

Vers la fin de l'été 1842, Mgr Provencher reçut une réponse de Mgr Loras :

“ Vous me faites l'honneur, lui disait-il, de me demander mon “ opinion par rapport au couvent que vous voulez établir dans votre “ ville épiscopale. Voici ce que je pense :

“10 Les ursulines et les autres qui ont la grande clôture ne con- “ viennent pas à un pays nouveau.

“20 Les sœurs de la Charité sont excellentes, mais leur but prin- “ cipal est de diriger les hôpitaux ; d'ailleurs il est très difficile d’en ‘“ obtenir.

“ 3° Les amantes de la Croix ne sont pas très nombreuses, et je “ ne crois pas qu'elles veuillent aller chez vous. 5

“40 L'Ordre, à mon avis, qui vous conviendrait le mieux est “ celui des sœurs de Saint-Joseph, de Lyon. Elles ont ici, à Saint- “ Louis, un bel établissement. Je fais actuellement des démarches “ pour en avoir quelques-unes au printemps prochain pour le nord “ de mon diocèse.

“ Je tâcherai d'en obtenir trois ou quatre pour vous; elles vien- “ draïent au printemps et, au mois d'août, elles pourraient se rendre “ à la rivière Rouge, par Saint-Pierre ; ce sont vraiment de bonnes “ religieuses. Je suis tellement convaincu qu’elles vous conviendront “ que j'écris à ce sujet, aujourd'hui même, à Lyon. Si vous ne les ‘“ prenez pas, je les garderai toutes pour mon diocèse.”

Au commencement de janvier 1843, Mgr Provencher communiqua cette réponse à l’évêque de Québec, et il ajouta:

“ J'approuve le plan de mon respectable voisin et, si Votre Gran- “ deur n’a pas d'objection, il faudra écrire immédiatement à l'évêque “ de Dubuque et lui faire savoir que vous et moi acceptons les reli- “ gieuses qu'il a bien voulu demander pour la rivière Rouge ; qu’à “ tout hasard, j'enverrai quelqu'un pour les rencontrer à Saint-Pierre, “ au mois d'août au plus tard. . M. Galtier, de Saint-Pierre, pourra “ informer Sa Grandeur de l’arrivée de nos gens. Je n'ai pas d’oc- “ casion pour écrire à Dubuque en hiver, et même je ne sais pas si “ j'en aurai, au printemps, d'autre que celle que je ferai moi-même, “ Je n’écris pas à Lyon en hiver. Comme Mgr Loras fait venir des ‘ religieuses que je prendrai, si je veux, je désire seulement que Sa

“ Grandeur tâche que j'accepte son offre. Votre Grandeur pourrait “écrire à la supérieure de Lyon, si besoin en était,

“ Une chose importante serait de faire parvenir votre lettre au “ secrétaire de la Propagation de la Foi pour tirer des fonds pour “ payer les frais de voyage, ou du moins pour l’autoriser à faire des “avances sur mon allocation de l'année prochaine.

“ Je me propose de loger ces bonnes religieuses dans ma maison “ de pierre, que j'ai quittée le premier de ce mois, pour habiter celle “que j'ai bâtie au pignon de mon église.”

La difficulté de correspondre avec Québec, le manque d'occasion, le retard des courriers faisaient que très souvent des lettres se croisaient en route, aussi la dernière lettre reçue n'était pas toujours une réponse à la dernière lettre envoyée.

Immédiatement après le départ de la lettre datée du 2 janvier 1843, Mgr Provencher en reçut une, de Québec, partie au mois de novembre 1842 :

“ Nous sommes déjà convenus, lui disait l'évêque de Québec, que “les Ordre cloîtrés ne sont pas propres à vos missions ; n’en parlons “plus.

“ Les sœurs de la Congrégation feraient bien votre affaire, mais

“ je crains d'échouer de ce côté. Je vais néanmoins tâcher d'inté-

“ resser Mgr de Montréal à vous en procurer. Si les nouvelles, que “ je vous donnerai, au printemps, touchant ces bonnes sœurs, ne sont “ pas favorables, il me vient en pensée que vous ferez très bien d'aller “ vous même en chercher au Kentuky, en passant par Saint-Pierre.

“ J'aurai beau écrire aux évêques pour les prier de me procurer “ des religieuses, je suis presque certain de n'en rien obtenir. Mais “ si vous vous présentez sur les lieux et que vous fassiez connaître “ les besoins de vos missions, je ne doute pas que vous n’en déter- “ miniez quelques-unes à vous suivre, et, supposant que vous n'en “ puissiez obtenir, vous apprendrez d'elles où il faudra recourir en “ France pour en avoir.

“ Et qui vous empêchera, une fois rendu au Kentuky, de venir “ jusqu'à Québec ; ce serait le moyen de régler bien des choses et de “ s'entendre sur bien des points

“ du Kentuky en leur faisant le récit de tout le bien qu’elles pour- “ raient faire dans vos missions.”

(A suivre.) G. Du&as, ptre., missionnaire.

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