‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 11 sur 100 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

C'est jusqu'au 19 août que nous avons prog^ressé en Belfjique; la retraite de la division a commencé ce jour-là à Gembloux. Nous recherchons toujours, sans y parvenir, à prendre contact avec la cavalerie allemande. Seuls, de petits combats se livrent avec des fractions insignifiantes, un peloton au maximum, la plupart du temps des patrouilles, des reconnaissances, des petits (groupes qui se rendent à notre approche d'une fd(jon méprisable.

J'ai vu un commandant allemand, le prince de R..., accompa^jné de deux ou trois cavaliers, se rendre à deux cents mètres d*une de nos petites patrouilles, en levant les bras et en jetant ses armes. J'en ai été écœuré.

Partout la cavalerie ennemie se replie,^ disparaît en fumée, devient un mythe oour le régiment, malgi'é nos marches for-

cées. Chaque jour nous restons dix, quinze, vinjyt heures à cheval. Un jour même, nous franchissons 1 30 kilomètres en vin(jt-deux heures, et nous atteignions notre point culminant vers l'Est, presque sous les murs de Liège.

Par contre, si nous ne voyons guère d'Allemands pendant ce premier mois, nous pouvons les suivre à la trace de leurs crimes.

Le jour, de village en village, une lamentation va d'un bout de l'horizon à l'autre, et je me reproche de ne pas avoir consigné les noms des endroits où se sont passées les atrocités dont j'ai vu les suites; de ne pas avoir pris le nom des malheureuses dont les enfants, les frères, les maris, avaient été torturés et fusillés sans motif, sans parler des outrages qu'elles avaient subis, des attentats de lubricité et

Page 1