‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 12 sur 100 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

de sadisme dont elles avaient été victimes, et auxquels elles faisaient allusion dans une fureur éperdue, ou dont elles faisaient une involontaire confession, dans un désespoir d'humiliation et de douleur.

La nuit, c'est un sillon de feu qui trace le chemin de l'ennemi. Les Allemands incendient tout ce qui est susceptible de brûler : les meules, les {jranfjes, les fermes, les villages entiers, qui flambent comme des torches, éclairant la campa^yne d'une lueur fauve.

Nous pénétrons dans des villages où ne restent que des pierres fumantes et calcinées, devant lesquelles des familles entièrement dépossédées se lamentent et tordent leurs mains impuissantes, devant quelques débris noirs, qui furent toute leur joie et tout leur foyer.

Je tiens à insister sur ces faits, qui ne

3î ÉTAPES ET COMBATS

se sont pas produits accidentellement^ mais dont nous avons été témoins quotidiennement pendant un mois. Je frissonne encore en song^eant aux confidences que j*ai reçues, aux faits que la plume se refuse à écrire, à toutes les abominations, à toutes les abjections, à toutes les saletés les plus basses et les plus dégradantes, inspirées par des imag^inations d'érotomanes détraqués et de sadiques. Car c'est toujours le sadisme qui semble guider leurs actes et prédominer dans tous leui^ méfaits.

Ici c'est une mère qui pleure son enfant fusillé pour une farce de gamin ; là c'est une jeune fille qui se lamente parce qu'on a pendu son fiancé en âge de porter les armes; plus loin c'est un vieillard sans défense dont on a pillé la maison et qii*on a brutalisé parce qu'il n'avait rien à offrir. A chaque pas, nous entendons le récit d'un

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