‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 13 sur 100 · CHAPITRE II m · texte numérisé non relu

CHAPITRE II m

crime dont les auteurs incritei^aient la pendaison. Voilà ce dont est capable un ennemi qui refuse le combat, qui s'avance brusquement à la faveur de la nuit pour dévaliser et brûler un village sans défense et qui semble s*évanouir en fumée à l'approche de nos troupes, laissant à peine entre nos mains quelques retardataires ivres qui n'ont pu reçag^ner leur armée, ou quelques soudards voleurs qui se sont laissé prendre en train de piller une maison ou de violer une femme.

Nous traversons tout cela dans un raid sans fin, toujours à cheval, dormant deux ou trois heures par nuit, dans une recherche exaspérée de la cavalerie allemande qu'on nous signale toujours à une portée de fusil et qui disparait comme par enchantement, chaque fois quenousappro-

chons.

Pour donner une idée de ce que nous endurons, je transcris à la lettre quelquesunes de ces journées du mois d'août, telles que je les ai notées sur mon carnet de route, écrit le plus souvent à cheval, sur le bord du chemin, pendant un arrêt.

7 août. — Pluie torrentielle; douze heures de cheval; nous sommes morts de fatigue. Cantonnons à Resteiçne; arrivons à la nuit. Mon peloton est de fjai'de. Je monte des factions au pont; sommes nourris par la foule; rien à manger à l'ordinaire.

8 aoiit, — Réveil 3 heures; monte une dernière faction au pont jusqu'à 5 heures. Départ; repos en plein champ à midi pour manger. Pendant que nous mangeons, on annonce que l'ennemi est

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tout près ; le poursuivons inimëdiateinent vers Liège. Ne le rejoignons pas. Marche de nuit jusqu'à une heure du matin; avons fait 1 30 kilomèti'es et vingt heures de cheval ; couchons en plein champ de 2 à 4.

9 août. — Chaleur torride, hommes et chevaux fourbus ; cantonnons à Ave, après douze heures de cheval. Premier escadron pris en embuscade. Lieutenant C... tué.

Les Allemands fuient en incendiant les villages; ils fusillent les femmes et les enfants.

1 1 aoiH. — Quittons Ave à 5 heures.

La chaleur parait augmenter; plus un souffle d'air. Au bout de deux heures nous trottons dans des nuages de poussière aveuglante. Un régiment de uhlans est signalé. Le colonel nous masse der

se ÉTAPES ET COMBATS

rière une colline, la mitrailleuse montée, et nous croyons enfin pouvoir livrer bataille; mais l'ennemi se dérobe une fois de plus.

• La soif est une torture. Mon bidon fuit ; Arrivons à Beaurain^y à 3 heures; treize heures de cheval.

12 août. — Nous sellons à 5 heures, fausse alerte. Attendons à Beauraing.

14 août. — Alerte. Le régiment part; je suis laissé en arrière pour accompagner un convoi de réservistes. Le village se barricade, l'ennemi est tout près. Nous ne sommes plus qu'une poignée d'hommes avec les convois. Attente sur le bord de la route avec F... et L... Cinq hommes arrivent à pied, sans casque, fourbus,

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