CHAPITRE II %r
boiUmt, anéantis, tristes comme des gens qui ont vu un spectacle qui les empêchera de jamais sourire. C*est le restant du 3* escadron du 16", pris dans une embuscade par de Tinfanterie allemande, cachée dans les bois. Ils ont été fusillés presque à bout portant sans pouvoir se défendre.
Jamais je n'avais vu d'épaves humaines plus lamentables et plus tragiques. Ils avaient vu tous leurs camarades tomber à côté d'eux et ne devaient leur vie qu'au fait d'être tombés eux-mêmes sous leurs chevaux morts et d'avoir fui à travers les bois pendant 40 kilomètres. M . . . est tombé au feu. Le convoi se met en marche à 9 heures et demie du soir, au pas, à une allure exaspérante de 4 kilomètres à l'heure. Nous avons été en route toute la nuit pour faire 23 kilomèti-es.
tè ÉTAPES ET COMBATS
Je me demande quand nous rejoindrons le 22% si le 22'' existe encore.
15 août. — Nous bivouaquons à côté du village d'Anthée, avec les convois du 6V et du 5* chasseurs. Il fait un froid noir et cette nuit m*a plus fatigué que mes plus longues étapes. L'attente, l'énervement nous rongent, et mon sang bout quand je pense que le 22* doit êti-e en train de se battre.
Les Allemands assiègent Dinant à 8 kilomètres. On entend le canon comme si c'était à côté. Notre tour est proche, je crois; personne n'a l'air impressionné et nous préparons la soupe au bruit des obus qui sifflent.
Le canon a l'air de redoubler. On doit se cogner ferme et il y aura des manquants à l'appel ce soir.