‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 15 sur 100 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dix heures. — Les différents convois défilent : 16% 22% 9% 28%32Mragons,etc.

Tout à coup, nous restons frappés de stupeur en apercevant un bataillon du 33' de lig^ne, ou plutôt ce qui reste du bataillon, une trentaine d'êtres effrayants, livides, trébuchants, avec d'horribles blessures.

L*un a les lèvres emportées, un officier la main écrasée, un autre le bras fracassé par un éclat.

Leurs uniformes sont lacérés, blancs de poussière et laissent couler le sang^. Parmi les derniers, les blessures sont plus vilaines : dans les fourgons, on voit des jambes nues qui pendent et des faces exsan{][ues. Ils viennent de Dinant, où les Français se sont battus comme des lions. Notre artillerie est arrivée trop tard, et ils ont eu le courajje de charger les pièces allemandes à la baïonnette.

Le canon continue à cracher sans relâche, et le crépitement de la fusillade ne s'arrête pas. Nous partons à travers la campagne pour cantonner à Florennes.

A la chaleur tropicale des jours derniers, succède un froid noir. Il pleut. Nous rencontrons de longs convois d'habitants pris de panique, qui quittent leurs demeures pour aller camper n'importe où.

Tout cela est lamentable.

A 2 kilomètres de Florennes, demi-tour individuel. Le froid ci nfj^le malgré le manteau dont je m'enveloppe. Nous arrivons à la nuit noire dans un village où nous bivouaquons malgré une pluie torrentielle. Je rejoins le régiment avec une peine infinie; les vêtements, les pa(|uetages, les chevaux sont ruisselants. Toute la nuit ils devront rester ainsi.

Je pi'ends une garde d'écurie à 3 heu l'es

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