CHAPITRE PREMIER
forteresse de Westphalie ; Jean-Loup F. . . , qu'une balle devait frapper au cou, échappant à la mort par miracle; L..., qui devait tomber frappé d'un coup de lance en pleine poitrine en protéfjeant son officier; M..., qui devait mourir d'une balle dans le cœur au printemps ; C . . . , qui devait succomber trois jours après avoir héroïquement çaçné ses calons de sous-lieutenant, et tous les autres dont je ne peux pas dresser ici la liste trop longue, mais dont je {jarde dans mon cœur un souvenir ému et fier.
La journée se passe cependant dans une fièvre extraordinaire. La plus petite nouvelle ou la plus crosse absurdité émise par le premier venu, " le garde-magasin du cin- ([uième " ou le « garde d'écurie du deux « , ou encore «« le copain de l'ordonnance du lieutenant » , circulent dans tout le
quartier avec une vitesse foudroyante, s'enHent, se déforment, prennent corps on ne sait comment, et finissent pas être accréditées par tous, jusqu'à ce que des nouvelles plus absurdes viennent remplacer les premières. Il y a aussi des loustics qui circulent de groupe en groupe, la mine grave, en disant : « Eh bien ! ça y est, je viens d'entendre le colonel donner l'ordre de rassembler » , et jusqu'au soir, qui nous trouve de nouveau réunis dans la cantine, c*est la même avidité de savoir, la même fièvre, la même passion,
La nouvelle n'a été sue par nous officiellement qu'à 7 heures, et bien que nous y fussions préparés, elle frappe le quartier d'un coup de tonnerre.
L'ordre lancé dans les escadrons à 7 heures nous donne trois heures pour nous préparer au départ, ainsi que le