‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 34 sur 100 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

remonte le chemin pour rendre compte de ma mission et dire au commandant <|ue la route est impraticable à deux escadrons.

Mais là-haut la plaine s'étend à T infini, blanche de lune, sans que j'aperc^oive un être humain. Seuls, deux chevaux sans cavaliers [jalopent éperdument, accompa- (jnés du bruit des ctriers qui se choquent et leurs hennissements inquiets de bêtes perdues; ce cri du cheval, qui a quelque chose de tellement humain, me glace.

Comment deux escadrons ont-ils eu le temps, pendant ma brève absence, de se fondre et de disparaître ainsi? Quel chemin ont-ils trouvé, pourquoi m'ont-ils abandonné? Et une terreur désolée succède à mon calme.

Mourir avec les autres, en pleine charge, eût été beau, mais me sentir perdu,

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seul dans tout ce mystère, dans cette nuit sans fin, dans ce pays que je ne connais pas, au milieu de milliers d'ennemis invisibles, c*en est trop ; c'est un cauchemar de tout petit enfant, et moi aussi, pris de la même panique que les chevaux perdus, j*éperonne le mien à lui faire saigner les flancs et je pars droit devant moi, galopant comme un insensé, à une allure de dément.

Le hasard, ou peul-être mon cheval qui sentait des compagnons d'écurie, m'amène tout à coup en présence d'un tout petit contingent de dragons : le capitaine de S. . . et onze hommes auxquels 'je me joins.

J'interroge le capitaine qui ne peut rien me dire. Lui, s'est trouvé isolé, perdu comme moi, et il se met à notre tête pour tenter de nous sortir de cette position inextricable. Une promenade commence.

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