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à bicyclette, en carriole. Il y a des dragons, des cuirassiers, des chasseurs, des tirailleurs al{;ériens, des Anglais, des artilleurs, des fantassins. Et Ton voit des burnous rouges, des uniformes kakis, des capotes bleues qui côtoient des dolmans, des tuniques noires, des pantalons rouges.
Dans cette foule extraordinaire, il y a des Marocains bronzés, montés sur des chevaux arabes, coiffés du turban, des M joyeux »» qui portent la chéchia, des faces roses d'Anglais surmontées de la casquette plate. Tous les uniformes sont couverts de boue, lacérés, déchirés; bien des hommes sont pieds nus, avec ou sans armes. C'est le hasard de la colossale bataille de la Marne, où plusieurs millions d'hommes ont été aux prises, qui les a jetés en ce point, animés par le même désir de s'informer, de savoir où se trouve
leur régiment, et de partout affluent des convois, des fourgons, des caissons d'artillerie, retardataires de toutes les divisions, de tous les corps d'amiée, dans un mélange et dans une confusion indescriptible, parmi les cris, les jurons, les hennissements des chevaux, les cornes des autos, le vacarme de lourds chariots qui ébranlent les maisons.
Les faces amaigries de fatigue sont noires de poussière et de boue, encadrées de barbes hirsutes. Tout le monde gesticule, tout le monde crie, et un clair soleil (rautomne, succédant à Torage, fait ressortir, parmi la bigarrure des étoffes, des taches lumineuses de couleurs voyantes, et donne à la foule un caractère oriental.
Rassasié, lavé, reposé, je rae pmmène parmi les rues, buvant Pair du matin.