‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 42 sur 100 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

aspirant à pleins poumons la joie de vivre, la force, la vitalité éparses dans l*air, cherchant de droite et de çauche si je ne l'encontrerai pas parmi la foule une figure de connaissance, une épave du régiment.

C'est ainsi que le hasard de ma promenade m'amène au-devant d'une scène qui m'émeut jusqu'aux larmes, et qui reste fjravée dans ma mémoire, au point qu'en fermant les yeux j'en retrouve les moindres détails.

Le portail gothique de l'église, aux fines sculptures de la plus belle époque, est ouvert, faisant dans la clarté du matin un trou d'ombre, au fond duquel s'étoile vaguement la lueur de quelques cierges.

Sur le seuil du portail, éclaboussé par le soleil matinal, un prêti'e, dont je revois encore la belle figure virile, tient dans ses

mains le ciboire de venneil, un prêtre dont le surplis de dentelle d'une blancheur éclatante contraste avec les bottes et les éperons boueux ; on devine qu'après avoir parcouru quelque champ de bataille, consolant les blessés et les mourants, il descend de cheval pour officier en plein air dans le clair matin.

Devant lui, sur une humble charrette, et sur un lit de paille, deux corps sont étendus rigides et fiçés par la mort, deux chasseurs qui sont tombés glorieusement eii défendant le pont de la rivière, et tout autour, agenouillés dans la boue du parvis, un demi-cercle de soldats tètes nues, abîmés de reconnaissance et d'humilité, venus pour la plupart accomplir un dernier devoir et apporter un dernier hommage aux deux camarades qui sont couchés devant eux et (jiii doniHMit du doniier

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