‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 45 sur 100 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'ai-bitre de la culture et de la civilisation ! Qu'il soit honni à jamais et rabaissé à son vrai niveau, qui est le niveau des bêtes sauvages et des peuplades inférieures.

Le 12 au matin, sous le commandement du capitaine de S..., nous traversons rOise sur un pont de bateaux (le pont de pierre ayant été détruit à la dynamite quelques jours auparavant) et nous remontons vers le nord, cantonner à Estrce-Saint-Denis, qui devient le centre de ralliement définitif du 22* dragons, suivis de plusieurs charrett(»s remplies de cavaliers démontés, de selles, de lances, de manteaux et d'équipements dépareillés.

Le 13, sur des indications très vagues, je pars à la recherche du capitaine de T. . . , sur une motocyclette préhistorique, réquisitionnée chez un coiffeur du village, et je

bats le pays, m'informant auprès de tous ceux que je rencontre, recueillant les informations les plus contradictoires, disant mille détours inutiles, voyant venir la nuit avec exaspération, sans avoir rien trouvé. Je suis la route, devenue célèbre, menant à Baron et à Nanteuil-le-Haudouin, que quelques jours auparavant le corps de landwehr, réclamé par von Rluck, avait descendue dans le but d'envelopper notre armée, et qu'il venait de remonter dans une bousculade si précipitée. Le ciel est bas, laissant tomber un jour sinistre. A chaque pas, des chevaux morts, le venti'e ballonné, menacent le ciel de leurs jambes raidies; au coin d'un bois, une viug^taine de soldats sont couchés dans d'horribles postures convulsées, les yeux g^rands ouverts, les bouches g[rima(;antes, tordues dans un effrayant sourire, la main crispée

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