CHAPITRE V
charrette, avec une vingtaine de camarades démontés.
Peu de joui^s après, j'étais nommé brig^adier, et j'arborais fièrement des g^alons de flanelle rouge, achetés dans une épicerie de campagne.
Une fois le demi-régiment reconstitué tant bien que mal, avec bien des manquants (un détachement d'une cinquantaine d'hommes sans chevaux est retourné au dépôt) , nous sommes affectés à la 3* division de cavalerie qui se trouve dans le voisinage, la nôtre ayant quitté la région pour une destination inconnue, et jusqu'au 1" octobre notre sort est lié à celui du 4* cuirassiers, qui fait route avec nous.
Le 23 septembre, comme soutien d'artillerie, nous assistons à de violents combats d'infanterie entre Nesle et Billan-
ItO ÉTAPKS ET COMBATS
court. Le 4' corps attaquait, et ia lutte s'étendait sur tout le pays, furieuse. Mon peloton détaché comme flanc-fjarde se heurtait dans l'épais hrouillard du matin à une poignée de cavaliers allemands que nous avions pris dans le lointain pour des nôtres.
Nous chargeons sur eux de toute la vitesse de nos chevaux, et nous les voyons s'épuiser à la course et perdre de la vitesse. L'un d'entre eux tire son sabre et en lacère les flancs de son cheval ; mais à la faveur du brouillard, ils réussissent à s'évanouir dans une ouate impénétrable, et nous ne tombons pas dans le piège de les poursuivre à outrance, de peur d'échouer dans leurs lignes.
A la nuit, nous sommes envoyés i^ecounaître des feux qui empourprent Thori/on et qui semblent au loin de vastes incendies. Nous tombons sur iiii bivouac de