‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 49 sur 100 · CHAPITRE V 1Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE V 1Î

un n'ose toucher à leurs magnifiques équipements neufs, qui les auraient tentés dans toute autre circonstance : bidons et quarts d'aluminium, plaques de cuivre étincecelantes, insignes sculptés qui sont la joie des soldats, et dont ils se charg^ent d'habitude comme d'autant de trophées.

L'aube du 25 se lève sur le village de Folies, sans un nuage. Le soleil pâle des premières heures du jour lutte contre une brume de chaleur; l'ennemi est tout près, et dès le petit matin, les sentinelles aux barricades ayant donné l'alarme, les cuirassiers et les dragons laissent leurs chevaux à l'abri et sont à l'affût dans la campagne environnante, pour protéger le

I village et les batteries de 75 qui tirent un peu en arrière.

Resté à cheval avec un sous-officier,

cavaliers dont on aperçoit très vaguement les silhouettes, noyées dans la brunie, pied à terre dans un verger de pommiers, près du village de Chocques. Nous partons au petit trot, convaincus d*avoir affaire à des Français, à des hussards que j'avais vus se diriger de ce côté une heure avant; nous traversons un champ de betteraves, et nous approchons, piquant droit sur eux, dont le groupe immobile paniit figé. A 100 mètres, ne les voyant pabouger, notre confiance gi*andit; la brunie semble s'épaissir. Les chevaux, au pas.

ne flairent aucun danger. Nous voici à 50 mètres ; une voix s'élève et le mot « carabine »• nous arrive distinctement, porto par une brise légère. Le sous-officier se tourne vei's moi; sa méfiance définitivement écartée, il me dit : « Nous pouvons ^ aller, ce sont des Français, j'ai entendu U

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