CHAPITRE V U
quelques minutes de route, éclataient les première obus. Mon peloton re(;oit l'ordre de faire du combat à pied, et nous voilà couchés en tirailleurs dans les betteraves, au centre d'un formidable combat d'artillerie et de feux de mousqueterie. Je suis à l'extrême droite, et tout à l'heure, deux shrapnells sont venus éclater à 6 ou 8 mètres au-dessus de ma tête, inondant la terre de balles. Jamais je n'ai été si près d'être touché.
En ce moment, impossible de comprendre ce qui se passe; toute la cavalerie qui était devant nous : chasseurs, dragons et tous les cyclistes se sont repliés, passant sur la route à côté de l'endroit où nous sommes. Pourtant aucun ordre ne nous rappelle. Les paysans courent avec leurs femmes et leurs enfants comme des fous à travers la campagpie ; c'est un spectacle lamentable; j'ai vu, il y a un mo-
i:}0 ETAPES ET COMBATS
ment, un vieillard et une petite fille tomber dans leur désarroi, en s enfuyant de leur ferme qu*un obus venait d*éventrer. On dirait de pauvres troupeaux de bétes affolées par l'orage,
A la tombée du jour, les Allemands étaient à 500 mètres. Nous avons reçu l'ordre de nous poster dans le cimetière d'Estaires. J'ai un pied blessé et chaque j)as dans la terre labourée est un supplice; je reconnais un chemin de retraite pour gag^ner le pont à travers la ville. J'emmène mon tampon au pas (];ymnastique.
Quand je reviens, je vois le peloton qui se replie.
Nous travei*sons la ville dont 1 aspect est sinistre dans la nuit qui rougeoie du feu des incendies. Toute la population s'enfuit, inondant les routes dun flot noir et precipité, laissant les maisons oiiv*m !.< Toutes