‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 52 sur 100 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

les vitres sont brisées par le bombardement; quelque part, au centre de la ville, un édifice brûle dont la flamme monte jusqu'au ciel. A chaque rue, des barricades. Nous g^ag^nons les chevaux qui sont à 2 kilomètres de là, et nous les cherchons à tâtons dans l'obscurité. Le mien est blessé légèrement à l'encolure. Longue retraite pendant toute la nuit (la deuxième pendant laquelle nous ne dormons pas, un orage nous trempe jusqu'aux os).

Arrivés à Choques à 5 heures du matin, nous nous sommes couchés à 6 heures et demie à cause des distributions, et nous repartons à 8 heures. Je me demande combien de jours les hommes et les chevaux pourront durer.

10 octobre, — Dans l'après-midi, nous refaisons les 20 kilomètres qui nous sépa-

rent d'Estaires. A peine installés pour garder le même pont qu'hier, on nous renvoie à la Gorg^ue. Chemin faisant, arrêtés dans le village, les obus commencent à pleuvoir. Le premier peloton se réfugie dans une épicerie où nous sommes parqués comme des moutons. Un obus de gros calibre éclate avec un bruit formidable, juste en face. Il semble que la maison va s'écrouler. Le lieutenant N..., resté dehors, est projeté dans un fossé et blessé. Nous nous replions avec les chevaux à la Gorgue et nous passons la troisième nuit, sans dormir, sur la route, M. . . et moi, sur un tas de charbon.

Les chevaux et les hommes n'ont rien mangé. Ces derniers sont transis et épuisés, mais toujoui*s joyeux.

11 octobre. — Nous gagnons une

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