‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 64 sur 100 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

^^ janvier 1915. — Les autobus nous débarquent à Coxyde, qui grouille de monde dans un va-et-vient d'uniformes belges et français, parmi des villas légères de station balnéaire et des dunes dont r herbe rare est mangée par le sable, et qui bouchent partout l'horizon.

Le capitaine V. . . m'envoie faire le campement avec un brigadier et un homme.

C..., H... et moi nous partons en tête, d'un pas allègre. De Coxyde à Ostdin-

kerque, aucune trace de bombardement ; sur la route, des promenades de chevaux se croisent; des camions circulent; on voit beaucoup de militaires, quelques civils. A Ostdinkerque, un moulin, deux maisons et une partie de Téçlise ont été éventrés hier. Quelques voitures contiennent des civils prudents qui déménagent.

A partir de cet endroit (Nieu port- Ville se trouve à 6 kilomètres) la route devient de plus en plus déserte, et le bruit du canon plus fort. D'abord on n'entend que le bruit de nos batteries, les éclatements des obus nous parviennent de loin. A deux kilomètres de Nieuport, j'entends le premier sifflement d'un projectile allemand, un shrapnell qui éclate à quelques centaines de mèties. Il n'y a plus une âme sur la route, qui est jonchée de fi-a^nents

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