‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 65 sur 100 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

d'obus; les fils télégraphiques sont brisés, les rails d*un train bouleversés : c'est le déseii;, l'œil n'aperçoit que des dunes sans fin; la vie commence ici sous la terre.

A l'entrée de la ville, un factionnaire montre une prudente silhouette à la porte d'une cave. Je lui demande : « Où est le capitaine M. . . ? » Il me répond d'une voix irritée : u Mais ne restez donc pas au milieu de la rue, vous ne voyez donc pas que les éclats tombent juste où vous êtes?» Non, je ne voyais pas, seulement je n'ai pas tardé à m'en apercevoir. Le factionnaire me conduit au lieutenant D..., à cinq mètres sous terre. « Mais mon lieutenant, où est le capitaine M...? Le major de la place, le 16* dragons? Je ne vois personne. — Tout le monde est dans les caves, me répond-il d'un ton placide en bourrant sa pipe, et je vous conseille de

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VOUS dépêclier d en faire autant, parce quera tombe comme fjrôle en ce moment. " En effet, j'entends les bruits les plus sinistres : éclatements de fjros obus, éclatements de balles cjui s'aplatissent sur des maisons, prenant certaines rues en enfilade, sifflement, par milliers, de balles ordinaires qui font la navette entre les tranchées allemandes et les nôtres.

Le lieutenant me donne un homme pour me conduire à la cave du capitaine, qui se trouve à l'autre bout de la ville. Lui et moi (j'ai laissé les autres dans une cave), nous rasons les murs, et à chaque pas, quel spectiicle! De l'église, il i*este une sorte de ruine antique, quelques piliers, quelques arcades, belles du reste, et des sculptures par terre. Partout, les trous des qtos obus ont la dimension de mares desséchées. Sur la grande place il y

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