CHAPITRE VII
en a deux dans lesquels on pourrait loger deux maisons.
Parlons des maisons. 11 y en a de dé- U'uites avec un art, un raffinement qui les fait ressembler à des maquettes d'enti'epreneurs. Celle-ci est debout, il lui manque simplement tout son mur extérieur donnant sur la rue, ce qui permet de voir la coupe exacte de l'immeuble béant : les tableaux sont pendus aux murs ; sur un piano, des photographies et des bibelots. Il y a le salon, la salle à manger, la chambre à coucher intacts ; seul le plancher du grenier a cédé, et le tout s'est écroulé à l'étage inférieur. Celle-là est presque comique, laissant voir, contre un mur du dernier étage, une fine étagère de bambou où deux statuettes de faux Saxe sourient d'un sourire éternel et idiot, et semblent se moquer du bombardement.
D'autres, les plus nombreuses, sont de lamentables décombres, écroulées, noii^ cies, effondrées dans tous les sens, barrant les rues, formant un chaos hideux et triste. Et même quand aucun obus ne tombe — il y a de longes moments d'accalmie — les maisons se désagrègent d'ellesmêmes. Telle perd le restant de ses tuiles qui tombent dans la rue avec fracas, telle autre laisse choir, que sais-je, un fourneau, un billard, d'un étage à l'autre.
J'arrive enfin au but de ma course, m'étant mille fois demandé si je ne serais pas pulvérisé avant.
Le plus beau m'attendait au carrefour final. Pour la deuxième fois je demande à un planton si c'est bien ici la maison — pardon, la cave — du capitaine M..., et pour la deuxième fois j'entends une voix irritée qui me répond : « Mais ne i*estez