‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 67 sur 100 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

donc pas au milieu de la rue » ; seulement cette fois j'ai perdu la fin de la phrase, je suis aveu{][lé et assourdi. Il me semble que le ciel s'écroule sur moi, j'entends : u Garez-vous » , j*ai le tympan déchiré. Une maison, à ving^ mètres de moi, une grande maison à deux étages, semble transformée en volcan. L'obus est entré juste au milieu, par le toit, et la maison tout entière s'écroule dans la rue^ accompagnée d'une chute formidable de solives, de briques, de meubles, etc. « Vous voyez n , me dit le planton d'un air sévère et sinistre, « rentrez dans la cave » , et je me suis senti très petit garçon.

Cinq fusiliers marins ont été ensevelis sous les décombres. Un peu plus tard j'ai vu leurs corps, dont deux cadavres, sur des brancards. Quelle mort lamentable pour un soldat!

Le capitaine M... me dit : u Le caiH

tonnement du 22' dragons? parfaitement, voilà. » Et il me montra un tron(;on de rue . M la Shipstraat » . Je le reg[arde d'un air ahuri, en me répétant à moi-même : « Ça? « Messine après le tremblement de terre eût présenté plus de confort. Néanmoins j'inspecte les caves, ie fais la répartition des pelotons et, seul cette fois, je reviens à mon point de départ à travei's la ville, chercher et conduire le capitaine V... qui se trouve à 300 mètres au delà des portes.

Cela fait quatre fois que je dois accomplir ce sinistre tmjet, et je commence à en avoir assez, d'autant plus que j'ai 12 kilomètres dans les jambes, que je ne suis pas habitué au sac, que j'ai mal dans le dos. C... est affalé, avec un air à la fois si triste et si comique, que je suis partagé

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