‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 70 sur 100 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

même frag^ment meurtrier deux arbres voisins de la tombe, et hier probablement. x\u moment où je rentre dans ma tranchée, le claquement sec de nos batteries déchire l'air. Elles doivent être installées tout près et bien dissimulées, car je n'ai rien vu. Je suppose que cela va être le commencement de la danse et que la réponse ne tardera pas à venir. Il y a des hommes qui sont sortis, je les fais rentrer précipitamment, et menace H ... d'un coup de pied dans le derrière. Ils sont doux comme des moutons, les hommes, depuis qu'il y a un peu de dang^er!... L'un me fait chauffer du café sur une lampe à alcool solidifié, un autre me fait un oreiller de son abdomen.

25 janvier 1915. — Relevés à 5 heures, nous rentrons sains et saufs à Nieuport. Je

trouve la cave transformée, grâce à C. . . et à H. . . : de la lumière, une table recouverte d'une nappe, de la vaisselle. Ils ont pillé tout cela en ville, et je ne les gronde pas, car ces objets sont encore plus en sûreté que dans les ruines, hachées à chaque instant par des rafales d'artillerie.

Une heure et demie. — Le bombardement a été sans cesse en augmentant. Il est imprudent de sortir ; je fais des rondes toutes les demi-heures pour faire rentrer les hommes dans les caves. Tout à l'heure nous avons fait du thé : l'eau vient de l'Yser qui charrie les cadavres, et le thé sentait le mort. Il a été impossible d'en boire.

Le fourgon de ravitaillement vient d'arriver dans un grand bruit d'obus. On n'a pas été long à décharger les vivres.

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