‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 74 sur 100 · CHAPITRE VII iti · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII iti

terminée. Il y en a dans toutes les poses, et horriblement mutilés : des corps sans tête, des tètes isolées, des membres arrachés, et tous dans des attitudes convulsées et macabres. Un vol de corbeaux se les disputent, ainsi que des chats demi-sauvag^es, qui refusent la viande que nous leur offrons — joli spectacle; — heureusement qu'il n*y a pas de cadavres franc^ais.

La danse de l'artillerie commence vers 8 heures. Nous devons nous trouver au-dessous de la trajectoire des obus, à peu près au milieu. Nous voyons quelques obus porter, beaucoup qui ne portent pas, quelques fermes qui s*écroulent, mais tout cela n'est rien.

Il y a du côté de Lombaertzyde un soudain tonnerre qui retentit ; pendant tout l'après-midi la terre est secouée par un bombardement que rien ne peut décrire.

Il faut penser, pour se le représenter, à la mer en furie, à un express lancé à toute vitesse, à des mu{]^issements, à des miaulements, à des g^rincements. Il faut penser à tous ces bruits mêlés formant une sorte d'harmonie sauvage, et dans un rayon de soleil qui vient de se lever, Lombaertzyde, toute couronnée de petits nuages ronds d*un blanc de neige que font les shrapnells en éclatant, se noie dans les panaches de fumée blanche et noire.

Jusqu'au soir, rien d'autre; c'est aussi monotone de se dire : « Dans un instant ma tranchée va peut-être sauter » , que de le raconter.

La nuit, c'est moins monotone ; malg[ré l'impitoyable clair de lune, on peut sortir. Nous assistons, très intéressés, à un raid de deux aéroplanes qui repèrent la tranchée ennemie, et un convoi de ravitaillement

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