‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 80 sur 100 · CHAPITRE VIII i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII i

laii(jage si particulier, que la plupai't des hommes éclatent de rire, en s'entendaut parler. Puis des canons ti*aversent la place au g^rand trot, dans un tonnerre assourdissant.

Chaque élément de troupe a son but, son emplacement. Un ordre parfait règne. Ceux qui reviennent des tranchées sont joyeux à l'idée du repos; ceux qui partent sont joyeux aussi, et Tactive fourmilière grouille, affairée.

De temps à autre un obus tombe sur la ville, inutile, stupide, émiettant un peu plus les Halles merveilleuses, ou causant un dommage irrépai^able à quelque pauvre maison de civils inoffensifs.

A partir de Zonnebeck, le terrain est balayé par les balles et Ton doit traverser un secteur en fer à cheval, où les projectiles arrivent de tous côtés. Il est impos-

sible de s'en gainer, et la relève est extrêmement dangereuse et difficile. C'est alors qu'a commencé pour moi le nouveau et l'inconnu.

Nouvelles tranchées, nouvelles mœurs.

On traverse à tâtons un petit bois de sapins ; à chaque instant une balle frappe un tronc d'arbre avec un bruit si dur, si sec qu'on en a le tympan déchiré. Insensiblement la compagnie s'engage dans un boyau qui creuse de plus en plus profondément la terre. Bien vite on est engagé jusqu'aux épaules, et plus le boyau s'enfonce, plus on enfonce soi-même dans la boue et dans l'eau. Il me semble maintenant que nous sommes dans quelque « attraction » de Luna-Park ou de Maçic-City, Nous sommes dans un labyrinthe qui tourne à droite, à gauche, qui revient sur lui-même et qui s'enfonce, à

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