‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 82 sur 100 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

et mes pauvres poilus ont froid. Moi aussi, du reste! Un homme de ma section vient d'être blessé à la tête, d'une balle qui a fait ricochet sur une baïonnette; mais d'une manière généi-ale les Allemands nous laissent tranquilles.

6 heures. — Ma tranchée a été en partie démolie par un 105. Il va falloir travailler toute la nuit pour la refaire.

26 février 1915. — A la faveur du brouillard, je sors à découvert et je fais poser des réseaux de fils de fer. Les hommes ont pu travailler sans recevoir un coup de fusil. Par contre, une patrouille d'Allemands est venue en reconnaissance, comptant sur le brouillard pour se dissimuler.

Arrivés devant la section de R..., ils

ont dû se tromper de direction et ont piqué droit sur nous; trois d*entre eux ont été touchés ; toute la matinée, à 50 mètres, on les a vus se tordre, lever les jambes et on les a entendus pousser des cris. Impossible d'aller les chercher, les Allemands auraient tiré. A l'un d'eux on fait signe de se rendre. Il lève les mains et crie : « Kamarad! Kamarad! » Il ne devait pas être grièvement blessé. On le voit se lever, déboucler son ceinturon, enlever son sac. Les hommes, joyeux, s'attendent à le recevoir à bras ouverts, mais d'un bond il rentre dans ses lignes. De notre côté : feu de salve, mais le « Kamarad » avait déjà disparu. Les deux autres se tordent comme des vers.

2 mars 1915. — J'occupe un nouveau secteur beaucoup moins bon que le pre-

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