‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 83 sur 100 · CHAPITRE VIII SOL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII SOL

mier : boyaux défoncés, pleins d*eau, communications difficiles, plus de poste de commandement confortable ; je couche sur la dure et j'ai froid. Mon prédécesseur, en me passant la consigne, me prévient que depuis deux jours on est bombardé à outmnce.

8 mars. — A 8 heures et demie, premier obus, un 105 qui tombe à quelques mètres de mon poste ; je suis à moitié projeté hors de la casba; la terre et la boue volent dans toutes les directions, et les éclats tombent avec un bruit dur. Quelques secondes après, un second, puis un troisième, et puis pendant trois quarts d'heure cela n'arrête pas.

Tous les projectiles tombent sur ma gauche. Les hommes sont un peu pâles devant ce danger effroyable contre lequel

il n'y a rien à faire. Au bout d'un quart d'heure, la tranchée devient intenable : les abris, les parapets, les casbas s'écroulent. Par moments, le choc et le déplacement d'air nous jettent comme des g^rappes les uns sur les autres.

Je reste au poste de commandement jusqu'au moment où la casba continue vole en éclats, enterrant un homme sous ses décombres. Je fais alors évacuer toute la section, sauf un veilleur, et je demande hospitalité au sous-lieutenant mitrailleur.

Enfin la tourmente se calme, et je renvoie tout le monde à sa place. La tranchée est un véritable chantier, les fusils, les (gamelles jonchent le sol. Le parapet à côté de mon abri s'est écroulé jusque par terre, faisant une ouverture béante qu'il faudra réparer cette nuit.

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