CHAPITRE IX Mi
née sera consacrée à une reconnaissance minutieuse du secteur, et tout sera prêt pour l'attaque probable dans la nuit du 8 au 9. »
8 mai 1915. — Sauf contre-ordre, l'attaque devra avoir lieu demain, à 8 heures du matin, après quatre heures de bombardement consécutif. Il y a mille canons derrière nous, à raison d'une pièce pour battre 50 mètres de terrain.
Dans la matinée, rien. On distribue de nouvelles bombes (chaque homme en aura au moins une) . A partir de 2 heures de l'après-midi, l'artillerie règle son tir, ce qui équivaudrait en temps ordinaire à un bombardement très violent.
De mon parapet, je suis les phases du réglage. Le redan de la route de Lens saute (2 heures) , les défenses devant ma
ns ÉTAPES ET COMBATS
tranchée sont saccagées. En ce moment, 7 heures moins 20, Tartillerie tire un peu court. Les hommes ne peuvent manger la soupe dans le boyau, ils sont couverts de terre et de pailles d'acier, les corvées d'eau ont reçu des éclats; — deux blessés à la5^
J'ai touché pour ma section : 7 bombes asphyxiantes, 9 bombes Bezozzi, 48 grenades à main et 5 terribles bombes de cheddite que j'ai moi-même amorcées et dont je veux emporter deux échantillons sur moi-
Un carnage se prépai'e pour demain ! Je me souviens de la prophétie du père Johannès : » On n'enterrera plus que les grands princes et les grands capitaines; il y aura tant de morts et de blessés que les cadavres seront brûlés sur des bûchers, dont la flamme montera jusqu'au cieU »