CHAPITRE IX Î
débouchent et tentent de se ruer sur nous eu colonnes par quatre. Ils ne {^af^nent pas un pouce de terrain. Chaque fraction de quatre est fusillée, foudroyée.
Il n'est que juste de rendre hommage à ces soldats. Toute leur compag^nie y a passé, pas un ne s'est relevé, mais pas un n'a reculé. La deuxième contre-attaque se produit sur la droite dans les mêmes conditions. Les Allemands sont massés dans le boyau parallèle à la route. Un peu plus tard enfin, sur la gauche encore, l'ennemi profite d'un petit bois pour y concentrer les hommes et tenter par là une sortie arrêtée net.
Ils ont l'air de se résoudre à faire ce que nous faisons. Avec le périscope, on les aperçoit jusqu'à la ceinture. Ils fument et ils attendent. Il fait mauvais mettre sa tête au dehors. M... est couché juste en face
du parapet, dans l'herbe, la figure contre terre. Il a déjà une couleur de cire, je le ferai ramasser cette nuit.
3 heures. — Le colonel m'envoie la 7* compagnie de renfort avec le capitaine D. . . ; je lui fais part de mon désir de rester à l'emplacement où je me trouve. Ce sont mes hommes et moi qui avons conquis ce terrain, il est à nous. Le capitaine s'installe sur la droite; au moins, je ne suis plus tout à fait seul.
Le silence complet de l'artillerie allemande ne me dit rien qui vaille. Il y a un va-et-vient de chariots sur la hauteur, qui me semble présager un renfort de munitions. Impossible, hélas, de communiquer avec les artilleurs. Assis dans le fond de la tranchée, je commence à sentir que ma tête s'en va. On me demande des ordres