‹ Étapes et combats; SouvenirsChapitre 98 sur 100 · CHAPITRE IX S · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX S

et j*ai beau me creuser la cervelle, je ne trouve plus ce qu*il faut dire. J*essaie de plaisanter avec les hommes : en réalité une tristesse affreuse m*étreint, je comprends que je ne sers plus à rien.

7 heures du soir. — Ordre d'attaque :

• Le troisième bataillon va se porter à l'attaque du village de Loos, en prenant comme point de direction le clocher, et se reliant à çauche avec le ...*• Les éléments de première ligne : 3% 7*, 4* et 8* compagnies, seront poussés en avant par le bataillon d'attaque. Se préparer à faire ce mouvement le plus tôt possible, mais attendre l'ordi^e de départ pour Texécuter. Signé : A... »

La nuit descend rapidement. Désireux de parler au colonel avant la nouvelle attaque, si le passage est praticable, je passe

le comiiiaiidenient à M ... ; ma blessure me fait terriblement souffrir. Il me semble qu'on me tire l'épaule gauche et qu'on l'écartèle. Je doute d'arriver, mais je sais ce qu'on peut faire sous l'empire de la volonté. Hélas, je ne devais plus revoir la compagnie, pas plus que je ne devais réussir à trouver le colonel.

Chemin faisant, je vais comme un homme ivre, vacillant d'une paroi de boyau à l'autre. Tantôt, il faut franchir des pyramides de cadavres, tantôt sortir du boyau complètement, parmi le sifflement des balles et le fracas des obus qui éclatent de tous côtés. Je songe avec une certaine mélancolie à la bêtise d'être tué là, tout seul, après a voir' été si miraculeusement protégé pendant le combat. Je rencontre des hommes du génie, des prisonniers, des messagers; chacun se hâte,

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