A VRIL
Un dernier voile de brume Flotte aux horizons brouillés, Et voici que, réveillés, Criant et lissant leurs plumes, Merles, margots et ramiers Font retentir les ramures
De murmures
Familiers.
Le matin rit dans la plaine Où prés verts et guérets bruns Exhalent d'acres parfums ; Dans l'air, qu'attiédit l'haleine D'avril, vibrent les chansons Qu'égrènent par les buissons, Par les blés verts et les orges.
Rouges-gorges
Et pinsons.
Des essaims de libellules Vertes et de moucherons Rôdent et volent en ronds Sur les étangs minuscules Où, sautillant sur le sol, "Vient boire le rossignol, Et qu'effleure l'hirondelle
D'un coup d'aile
Dans son vol.
Tout revit, tout se transforme, Des souffles doux et puissants Passent dans l'air plein d'encens.
Le grand chêne, le vieil orme Et les jeunes sauvageons Enchevêtrent leurs surgeons; On dirait que l'arbre pousse
Nids de mousse
Et bourgeons.