‹ Étapes vers le crépusculeChapitre 24 sur 53 · LIMBES · texte numérisé non relu

LIMBES

Des arbres vibrant comme des lyres Qu'effleure un archet aérien.. .

Des lacs dormants où rien ne se mire... On dirait quelque spectral empire Endormi d'un sommeil très "ancien Que berce ce chant aérien.

Nul astre. — Un brouillard flotte en vagules Qui s'irrisent d'un reflet subtil.

Est-ce l'aube ? est-ce le crépuscule > Ou l'âme des choses qui circule ?

Clarté difl'use et parfum subtil, Ce reflet si tendre d'où vient-il ?

Les nuances qui teintent à peine

Les fleurs s'accordent en chœur discret

Pour une mélodie incertaine :

Telle quelque musique lointaine

De flûte et de cor, où se mourrait

La voix d'on ne sait quel regret.

Le contour s'atténue et s'estompe, Indécis dans l'indécis reflet :

C'est l'éternelle et féerique pompe D'un mirage qui charme et qui trompe ; Tout est nuance, ébauche et reflet En ce monde, on dirait incomplet.

C'est le pays où la mort convie A l'éternelle extase, à l'oubli, Tous ceux-là pèlerins de la vie Sans amour, sans joie et sans envie, Hors celle du calme et de l'oubli Sous la brume d'un ciel apali ;

Ceux dont les réalités moroses Froissaient l'âme et le cœur ingénu Et qui, sur l'aile des rêves roses, S'exilaient des hommes et des choses Tristes martyrs d'un cœur ingénu Qu'angoisse un désir de l'inconnu 1

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