‹ Étapes vers le crépusculeChapitre 25 sur 53 · AMES EN PEINE · texte numérisé non relu

AMES EN PEINE

Des lunes sanglantes^ sanglantes et mornes, Comme des fantômes de soleils morts,

Flottent dans la brume, par un ciel sans bornes Où strident de sinistres cris discords.

Oh 1 les cris sinistres des âmes en peine Qui volent au sein des brouillards épais,

Et toujours s'efforcent vers l'aube lointaine D'un paradis qui ne s'ouvre jamais !

Comme un chœur d'oiseaux volant à tire d'ailes,

Les pauvres âmes éternellement Se cherchent dans l'ombre et s'appellent entre elles

Sans pouvoir jamais s'unir un moment.

Des lunes funèbres d'un éclat de cuivre Tantôt stagnent comme des astres morts,

Tantôt se heurtent et semblent se poursuivre, Rapides comme des chevaux sans mors.

Oh ! la nuit, oh ! l'espérance évanouie, Pauvres âmes ! où vous rêviez Téveil

Radieux dans une aurore épanouie, Ou le calme de l'éternel sommeil 1

Oh ! la même affreuse lutte coutumière, La même inclémente et sombre prison.

Le même impuissant essor vers la lumière, Sans l'aube de la mort à l'horizon !

Des lunes sanglantes, sanglantes et mornes. Comme des fantômes de soleils morts,

Flottent dans la brume, par un ciel sans bornes Où strident de sinistres cris discords !

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