SI DD ART H A
Hommes! ce que vous appelez réalité N'est qu'un mirage multiforme qui dérobe A l'esprit obscurci par la matière l'aube Eclatante de l'immuable Vérité.
L'existence mobile et troublée est un fleuve Qui gronde et passe, et qui reflète dans ses eaux La fuite du nuage et le vol des oiseaux Qui l'effleurent, et l'animal qui s'en abreuve.
Par le renoncement aux fruits de l'action, L'âme contemplative et pieuse s'élève Au dessus de la vie apparente, vain rêve Qifli naquit du désir et de l'illusion.
Vivez dans le silence et dans la solitude, Sous la voûte des bois épais ou du ciel clair, Et, libres des liens du cœur et de la chair, Marchez dans le chemin de la béatitude.
Au transfuge du monde où l'âme s'enivrait Des mensonges des sens, la Nature offre un temple Où l'esprit absorbé dans l'extase, contemple L'Être éternel, le seul réel et le seul vrai.
Par le recueillement ascétique, le sage, Supérieur à Dieu qui ne peut pas mourir, Triomphe de la vie et cesse de souffrir ; Et, libre, désormais à l'abri de l'orage
Que l'illusion primitive déchaîna.
Il s'abîme, affranchi pour jamais du supplice Des avatars multipliés, dans le délice Du bienfaisant, de l'immuable Nirvana!