‹ Étapes vers le crépusculeChapitre 34 sur 53 · COUCHERS D'ASTRES · texte numérisé non relu

COUCHERS D'ASTRES

A l'occident, dans un nuage épais et noir,

Le soleil qui décline ouvre un large trou rouge,

D'aspect si fantastique et louche qu'on croit voir

S'éclairer dans la nuit la fenêtre d'un bouge, Ou quelque soupirail énorme de l'enfer Flamber au ras de l'horizon, tout grand ouvert.

Mais la nuée épaisse et que bordent des franges De flamme se déchire en lumineux haillons, Et Ton croit voir passer des figures étranges, Au ciel, dans une apothéose de rayons.

Dans un ruissellement de gloire l'astre sombre Et s'éteint. Lentement son suprême reflet, Or et pourpre, pâlit et s'efface dans l'ombre Qui monte à l'horizon en brouillard violet.

Ainsi que le soleil se meurt dans la clarté. Dans la fleur de ta grâce et de ta pureté. J'aurais voulu te voir mourir ô jeune femme!

Le cœur plein de candeur et les yeux pleins d'azur, Avant l'heure où la vie a soufflé sur ton âme Comme un vent empesté par un miasme impur,

Où la perversité savante de tes c>harmes A versé dans mon cœur l'amour et le désir, Avant que j'eusse appris la douleur et les larmes Et l'amertume d'un immortel souvenir, ""

Tu t'en serais allée, esprit, parfum, fantôme, Sans abreuver ta lèvre à la coupe de fiel. Ne me laissant qu'un souvenir fugitif, comme Un reflet du soleil qui s"éteint dans le ciel !

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