LE DERNIER RAYON
Pâle et dernier rayon d'un soleil qui se meurt, Tu rampes sur les murs du parc et les vieux marbres, Et montes lentement vers la cime des arbres, Emportant avec toi le jour et ses rumeurs, Pâle et dernier rayon d'un soleil qui se meurt!
Plus haut, toujours plus haut dans le ciel d'améthyste, Où déjà la nuit croît et roule comme un flux, Vers les sphères où l'œil humain ne te suit plus. Tu te perds, loin de notre terre sombre et triste, Toujours, toujours plus haut dans le ciel d'améthyste î
Heureux qui te suivrait, rapide voyageur, De l'étoile d'azur à la comète blonde Vers qui t'emportera ta course vagabonde ! Pour fuir l'Ennui morose et le Regret rongeur, Heureux qui te suivrait, rapide voyageur !
Ainsi, dernier rayon d'une flamme céleste,
O rêve d'un instant! ô misérable amour !
De l'idéal quitté regagne le séjour.
Hors de ce monde où rien ne dure, où rien ne reste
Monte, dernier rayon d'une flamme céleste
Dans l'immuable azur des cieux, dans la clarté!