‹ Étapes vers le crépusculeChapitre 51 sur 53 · IMPLORATION · texte numérisé non relu

IMPLORATION

C'est vrai, je ne sais pas aimer, tu me l'as dit ; C'est vrai : Je suis l'être mauvais et »:himérique A qui le bonheur simple et calme est interdit, Qui ne sait pas goûter la vie et la complique D'artifices laborieusement ourdis.

Je m'obstine à trouver d'obscurs hiéroglyphes En tes chers yeux d'amante tendre dans lesquels Luit la seule splendeur de ton âme et du ciel, Et je cherche à tes doigts blancs et frêles les griffes Qui font couler le sang, les larmes et le fiel.

Comme un moine que ses volontaires tortures

Leurrent de visions du paradis promis.

Mon cœur, meurtri pourtant des pires aventures

Est sa propre victime et son seul ennemi,

Et je mêle à l'amour trop de liiiérature.

Venx-tu? guéris-moi de ce mal : pose ta main Sur mon front lourd de songe impie et d'anathème Et de désirs que je désavouerai demain. Ah ! guéris-moi et défends-moi contre moi-même Que l'orgueil de souffrir tente aux mauvais chemins.

Pardonne; enseigne-moi qu'il est simple de vivre,

Et simple aussi d'aimer, et que c'est le bonheur

D'être l'amant sincère et puéril qu'enivre

Le seul charme très doux de sentir la tiédeur

D'un cœur qui bat, d'un rythme égal, contre son cœur.

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