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LE MASQUE DE LA NATURE

Parmi les roseaux dont les vents Courbent les panaches mouvants, Pareils à des flammes de cierges, L'étang tout bleu miroite et dort.

Ainsi que sous leurs longs cils d'or, Brillent les yeux calmes des vierges.

Les lauriers et les tamaris Et les vieux saules rabougris, Sur le miroir des eaux dormantes Courbant leurs troncs gris et tordus, Semblent des amants éperdus, Penchés sur les yeux des amantes.

Des papillons, sur l'eau qui dort

Entre les genêts fleuris d'or

Qui flambent aux crêtes des berges,

Vont et se croisent en tous sens,

Comme les pensers irmocents

Qui passent dans les yeux des vierges.

L'insecte, la fleur et l'étang, Tout vit, palpite, espère, attend Avec un frémissement d'aise :

Soudain l'orient violet S'em.pourpre d'un sanglant reflet :

L'aurore' point, le vent s'apaise.

Sous les flèches d'or du soleil, L'étang tout bleu devient vermeil.

Comme les yeux chastes des vierges L'étang luit, miroite, sourit :

Un cadavre de chien pourri La-bas à la surface émerge.

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