‹ État Actuel de la Notion de Tuberculose TraumatiqueChapitre 23 sur 35 · HAL · texte numérisé non relu

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quente ; les os et les articulations sont en effet particulièrement exposés aux chocs ; la pratique des sports, par exemple, donne très souvent des accidents intéressant le genou et la cheville ; or, les statistiques montrent aussi que ce sont les deux articulations les plus souvent atteintes de tuberculose traumatique.

Il faut cependant remarquer, avec Bourcrois, qu’ « une articulation atteinte de tuberculose méconnue et, de ce fait, souvent maladroite, est plus exposée qu’une autre aux traumatismes. C’est en particulier le cas des entorses à répétition qui sont souvent le symptôme révélateur d’une tuberculose du coup du pied ». |

Le développement de la maladie peut être très variable. Après un choc ou un mouvement anormal au niveau d’une articulation, apparaît un enflure plus ou moins importante, qui se se résoud par entièrement, comme elle devrait le faire. Après une période assez longue, au contraire, la tuméfaction augmente, des douleurs plus violentes apparaissent, ainsi qu’une limitation des mouvements ; on peut faire alors à l’aide d’une radiologie le dignostic de tuberculose ostéoarticulaire.

Assez fréquemment, les membres accidentés sont radiographiés immédiatement, ce qui permet d’avoir de précieux renseignements sur l’état antérieur de l’articulation : si de tels examens décèlent la présence de lésions tuberculeuses, il est bien certain qu’elles existaient avant le traumatisme.

De très nombreuses observations ont été rapportées ; une des plus typiques est celle de Morroup, que nous avons citée plus haut, au chapitre de la pathogénie. Cet ouvrier qui avait travaillé dans la même usine pendant 30 ans, subit un violent traumatisme du coude dans une chute : une radiographie pratiquée sitôt après l’accident montre l’intégrité de l’articulation. Mais, progressivement, se développe une tuberculose vérifiée anatomiquement.

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Dans un tel cas où on a des renseignements précis sur l’état antérieur, on peut sûrement porter le diagnostic de tuberculose traumatique.

Mais, le plus souvent, il est beaucoup plus difficile de se prononcer.

Citons une observation publiée par VIZQUEL :

R... Alfred, chauffeur, 34 ans.

On ne relève rien de particulier dans ses antécédents personnels et familiaux.

En mars 1937, le malade fait une chute à la suite d’une violente bousculade et tombe sur le bord de la chaussée ; production d’un gros hématome dans la région trochantérienne droite. La douleur dure quelques jours, puis disparaît. On a fait des pensements humides et des massages.

En juin 1937, les douleurs réapparaissent. Les mouvements sont limités, adduction de 20 à 25°

On note un empâtement rétro-crural sans ganglions isolés, douleur assez vive à la pression de la tête : net raccourcissement de un centimètre. |

On fait une radio qui montre une décalcification de la tête fémorale dans sa partie supéro-externe. Boursoufflures dans la partie supéro-externe. Mise en plâtre en bivalve.

Est envoyé à l’Hôpital de Berck.

On lui fait, au début 1939, une arthrodèse de hanche par pont-levis. Mise en appareil plâtré. Excellent résultat opératoire.

Ici, à la suite d’un traumatisme violent et d’une régression assez rapide des symptômes initiaux, on note les prémiers signes d’arthrite tuberculeuse, 4 mois après. Nous n’avons pas de renseignements radiologiques sur l’état de l’articulation avant l’accident. Maïs, comme on ne relève absolument rien de pathologique dans ses antécédents, le malade pourra bénéficier du doute et on portera le diagnostic de tuberculose traumatique.

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Voyons maintenant le cas d’une observation de JAFFRE:

Louis M..., 25 ans. Le 7 février 1931, à l’âge de 18 ans, au cours de son travail, reçoit par mégarde, avec une barre de fer, un coup violent sur le genou gauche. Soigné pour hydarthrose (le certificat mentionne une légère ecchymose) pendant un mois ; reprend son travail au bout de ce temps. Mais son genou restant toujours gros et devenant de plus en plus douloureux à la marche, en interdisant tout effort, il se fait examiner au bout de trois jours et une radiographie pratiquée aussitôt révèle des lésions de tumeur blanche au genou gauche.

Mise en plâtre.

Entre au sanatorium, le 22 novembre 1932.

. Examen : excellent état général, pas d’antécédents pathologiques, aucune lésion pulmonaire ni génito-urinaire, ni ganglionnaire ; le genou est gros, infiltré, chaud, douloureux. Gros ganglion rétrocrural avec périadénite, Abcès suscondylien interne qui sera ponctionné sept fois dans les six mois qui suivront.

Radiographiquement : lésions des plateaux tibiaux et du condyle fémoral interne.

Son immobilisation dura deux ans.

Enfin, le 14 janvier 1935, il lui fut pratiqué une résection du genou.

Les lésions décelées un moïs seulement après l’accident n’ont sûrement pas eu le temps, dans une si courte période, de se constituer ; il s’agit sans doute d’une tuberculose révélée et aggravée par le traumatisme et les experts devront évaluer le fait qui revient au traumatisme.

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